Ines Madani, et ses deux amies, songeaient vraiment à passer à l’acte. Le procureur du TGI de #Paris en est à sa cinquième attaque d’importance subie par la France (outre celles de Paris, il reste chargé du cas des complices de Mohammed Merah ou de ceux des assassins du prêtre de Saint-Étienne-du-Rouvray). La tentative d’attentat à proximité de Notre-Dame-de-Paris, avec pour moyen une voiture piégée, lui semble significative. Le trio allait passer à l’acte. Lors de sa conférence de presse de ce vendredi soir, le procureur a révélé que, dans le sac d’Inès Madani se trouvait un document indiquant « je vous attaque sur vos terres afin de vous terroriser ». Rappelons qu’outre Sarah H.,23 ans, l’une de ses complices s’est de même attaquée au couteau à un autre policier. D’autres interpellations ont été diligentées, liées à celle de Boussy-Saint-Antoine, mais le procureur n’a pas voulu fournir prématurément des détails à la presse… Sarah H. avait été la fiancée de Larossi Abballa (attentat de Magnanville), puis, révèle le procureur, proche d’Adel Kermiche (attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray). Elle vivait depuis avec Mohamed Lamine Aberouz, arrêté jeudi soir aux Mureaux (Yveline). Les trois femmes, âgées de 19, 23 et 39 ans, étaient en rapport avec la veuve d’Amedy Coulibaly (attentat de l’hyper cacher de Paris), Hayat Boumeddiene, qui est présumée encore en vie quelque part en Syrie. #François Molins estime donc, de cet élément et d’autres, qu’il s’agissait d’un véritable commando féminin « téléguidé » depuis le califat islamiste… Il aurait pu inclure la fille aînée d’un certaine Amel S., interpellée ce vendredi matin à Clichy-sous-Bois, qui avait peut-être d’autres objectifs en vue. Dont un attentat à la gare de Lyon, puis un autre dans une gare de l’Essonne.

D'autres femmes, dont des converties

D’une (in)certaine manière, ces éléments sont quelque peu rassurants : ces femmes sont d’assez longue date impliquées dans la nébuleuse déjà connue. Mais de l’autre, on sait ô combien la perspective de mariages en au califat peut séduire des converties « hameçonnées » de fraîche date. Cette perspective s’éloigne : l’armée turque a pénétré profondément le nord du califat, dont le territoire se rétrécit. Mais des femmes djihadistes restées en Europe peuvent à présent monter la tête de jeunes gens, d’autres peuvent se gargariser du « courage » des interpellées, et suivre – peut-être cette fois, avec succès – leur « exemple ». Dans Le Figaro, l'islamologue Mathieu Guidère, évoque « des femmes endoctrinées au point d’être irrécupérables ». Elles ont eu le temps d’élargir le cercle de leurs relations. Mikaël et son épouse, Cassandra, un Maghrébin et une Antillaise convertie, seront arrêtés à Trappes (Yvelines) le 18 juillet 2013. Les fichées S. sont certes surveillées, mais pas au point de cesser de nouer de nouvelles connaissances. Interdites de nouer des relations trop étroites avec des hommes, elles peuvent s’affranchir de ce tabou pour leur cause, soit par des mariages temporaires, soit d’autres façons. Elles ont déjà pour référence diverses « martyres », dont la jeune belge Muriel Degauque, qui se tua (tuant cinq policiers irakiens) en se faisant sauter le 9 novembre 2005. La plus célèbre des djihadistes converties reste cependant la White Widow, une Britannique, née Samantha Louise Lewthwaite, qui a plusieurs fois changé de fausses identités (Asmantara, Sherafiyah…). Elle est veuve de djihadistes et mariée avec Hassan Maalim Ibrahim, l’un des commandants du groupe Al-Shabaab. C’est une véritable cheffe de guerre « sainte », ayant agi en Somalie, au Kenya, présumée avoir mené des terroristes lors de divers attentats et avoir été employée comme formatrice de femmes combattantes ou candidates au suicide tant au Yémen qu’en Syrie. D’autres femmes de cette envergure ou prêtes à tout comme les black widows tchétchènes sont-elles présentes en France ? 59 femmes ont déjà été mises en examen. Leurs agissements coûtent cher. #Daesh