Le nombre de demandeurs d’emplois a diminué en septembre, apprenait-on mardi 25 octobre. La forte baisse (-1.9%) a de quoi réjouir les membres du #Gouvernement qui y voient le résultat de leur politique. Pourtant, tout n’est pas si rose. Avec cette baisse de 1.9% constatée en septembre, ce sont 66 300 demandeurs d’emplois qui quittent la catégorie A (n’exerçant aucune activité). À la fin du mois, il y avait donc 3,49 millions d’inscrits dans cette catégorie. C’est plutôt de bon augure, quand on sait qu’il faut remonter à février 2015 pour trouver un chiffre inférieur à 3,5 millions, à 1996 pour une telle baisse mensuelle en volume et à novembre 2000 en pourcentage. On peut d’autant plus se réjouir que le mois d’août avait vu une hausse du #Chômage (+50 200), compensée toutefois par les dernières statistiques. Faut-il pour autant annoncer l’inversion de la courbe du chômage ? Rien n’est moins sûr. Pour ce faire, il faudrait que cette baisse s’observe sur trois mois consécutifs, ce qui n’a pour le moment pas été le cas, au regard des chiffres de Pôle #Emploi. Seul le dernier trimestre permettra d’être catégorique quant à une éventuelle inversion de la courbe du chômage qui, rappelons-le, conditionne la candidature de François Hollande à sa propre succession.

Les chiffres du chômage à la loupe : un bilan à relativiser

Pôle Emploi, dans sa sagesse, distingue les chômeurs selon qu’ils n’exercent aucune activité (catégorie A), qu’ils sont inscrits avec une activité réduite courte (B) ou longue (C), qu’ils sont dispensés de rechercher un emploi parce qu’ils sont malades ou en formation (D)  ou parce qu’ils sont en contrat aidé ou créateur d’entreprise (E). Un chômeur qui sort de la catégorie A n’est donc pas nécessairement embauché en CDI à plein temps et peut tout bonnement être passé dans une autre catégorie. Par conséquent, la baisse annoncée cette semaine n’induit pas pour autant une diminution de la précarité. De fait, le nombre de demandeurs d’emplois inscrits dans la catégorie B a augmenté de 1.8% et de 1.2% pour la catégorie C, soit une augmentation de 28 300 personnes en septembre. Quant à la catégorie D, elle s’est renforcée de 73 500 personnes ! La baisse du chômage est donc toute relative. Elle l’est d’autant plus que ces statistiques ne reflètent pas la tendance générale depuis le début du quinquennat qui, elle, est largement à la hausse puisqu’on dénombre 19.42% de chômeurs supplémentaires sur la période.

Les indicateurs du chômage remis en question

Un autre argument permet de relativiser les chiffres sortis mardi : le manque de fiabilité des indicateurs (une critique qui existe de tout temps). La méthode de Pôle Emploi, qui lui permet d’étudier la tendance mensuelle, consiste à dénombrer les demandeurs d’emplois enregistrés dans ses fichiers le mois précédent. Or, ce nombre ne traduit pas toujours la réalité car ceux qui n’ont pas actualisé leur statut à temps – même s’ils recherchent toujours un emploi – ne sont pas pris en compte. Ainsi, en septembre, il y a eu près de 239 000 radiations pour « défaut d’actualisation » sans qu’il soit certain pour autant que ces personnes ont effectivement trouvé du travail. Qui plus est, il est assez facile pour l’État d’influer sur ces chiffres : en créant un plan de formations, il fait passer des chômeurs de la catégorie A à la catégorie D tandis que la suppression de la dispense de recherche d’emploi pour les plus de 58 ans a augmenté le nombre de seniors à la recherche d’un emploi.

Face à ces limites, le Sénat, dans son rapport d’une commission d’enquête sur les chiffres du chômage en France, publié le 5 octobre, conclut que l’indicateur de Pôle Emploi n’est pas fiable et qu’il faudrait le fusionner avec celui de l’Insee pour obtenir des statistiques plus représentatives de l’état du marché de l’emploi.