J’allais rédiger un round up (une recension résumée) de la nouvelle tendance des adolescents cherchant à se distinguer sur les réseaux sociaux : torturer, crucifier, trucider des animaux domestiques, chiens et chats. J’y reviendrai, plus tard. Mais un phénomène similaire est observé chez les jeunes djihadistes, dont les victimes sont des enfants, d’autres adolescents, de très jeunes filles et femmes, des adultes des deux sexes. J’aimerai croire qu’il s’agit de propagande, d’exagérations. Mais les nazis, les tortionnaires sud-américains, voire des soldats français, naguère, en opex (Indochine, Algérie, Tchad…), nous… Vous devinez la suite. Voici donc le témoignage d’Alice Assaf à l’ONG Roads du Success. C’est une chrétienne syrienne. Son fils se prénommait Georges, il fut battu à mort, puis achevé d’une balle, parce que son voisin musulman l’avait dénoncé. En deux entretiens diffusés sur les réseaux sociaux, elle narre comment des enfants furent défenestrés, et près de 250 broyés dans des machines de boulangerie, des pétrins. Quant aux hommes, six furent rôtis vifs dans des fours industriels. Restons-en là, occultons ici les détails… Les enfants, certains âgés de seulement quatre ans, ont fini en fosses communes, en charniers. Dans les villages libérés de l’emprise de #Daesh, en Syrie, tout est miné. Des robinets des éviers aux objets de peu de valeur mais pouvant attiser la convoitise de soldats ou être déplacés par des civils retrouvant leurs habitations. On dit de même des enfants traumatisés dans les camps soviétiques ou désormais russes devenus adultes : quand votre vie n’a plus aucune valeur à vos propres yeux, alors, celle des autres… Mais le phénomène, dans le califat, est quelque peu différent. Hormis celui visant les déserteurs exécutés (rarement torturés auparavant), le but n’est pas de dévaloriser les djihadistes, mais de les déshumaniser en déshumanisant l’adversaire, soit tout mécréant, de tout âge, ou toute récalcitrante, tout refuznik de la terreur salafiste radicale. C’est une méthode de guerre psychologique bien connue, bien documentée, mise à exhaustif profit par le califat : traiter l’adversaire moins bien que des animaux les réduit à l’état animal ; à celui d’un chien dont la présence au logis ferait fuir les anges et attirerait les sheitans, les démons.

Trop de faits concordants

On aimerait ne pas y croire, pouvoir dire que les témoins en rajoutent ou que les ONG dictent un peu leurs récits. Hélas, il y a trop de faits concordants, trop de recoupages de témoignages. Il n’y avait qu’un charnier à Timisoara (Banat, Roumanie) et la presse internationale – moi inclus – s’est faite, un temps, avoir. Là, il ne s’agit pas d’un complot médiatique (toujours invoqué par les négationnistes de toute pelure) car Daesh confirme la plupart de ses atrocités, proclame qu’il en faudra toujours davantage. L’un des seuls villages à s’être rebellé, al-Hud, sur la route de #Mossoul, a réussi à éviter la déportation de masse vers la capitale de la province de Ninive où les habitants doivent servir de boucliers humains. Mais un commandant de l’armée irakienne, désobéissant aux ordres de poursuivre vers un autre objectif, est arrivé trop tard avec ses troupes. Les corps mutilés des insurgés l’attendaient. Quel est l’intérêt de mutiler avant de tuer ? Simple : dissuader, effrayer, mais aussi aguerrir les tortionnaires, certains estropiant des enfants de l’âge de leurs nièces et neveux, des adultes des âges de leurs aïeux. Et pour les encore croyants, non plus à la vie terrestre, mais au paradis mahométan, s’imaginer sanctifiés par leurs crimes et leur abjection. Bon courage aux jeunes musulmanes rêvant de les rejoindre, s’il en est encore. Leur chair ne vaut guère mieux que celles de leurs victimes… #Offensive