VV : Quelles sanctions peuvent  être appliquées ?

NB : Les sanctions sont bien minces. Certes, il existe la loi du 4/9/14, mais encore faut-il savoir si elle est appliquée, et correctement, à l'égard des fauteurs de troubles. Aucun retour ne nous est parvenu. La loi est très méconnue car elle est passée en catimini durant l'été, un moyen supplémentaire de faire croire qu'on agit.. mais sans trop se mouiller. Donc il faut que ça cesse en remettant de l'ordre et de la discipline dans les écoles.

VV : Qui sont à votre sens les plus responsables ?

NB : Avant tout, les parents sont responsables de l'éducation de leurs enfants. Les enseignants ne sont pas là pour les remplacer, mais pour instruire. Avant, le ministère s'appelait "Instruction publique", je suis pour revenir à cette appellation en l'appelant "instruction nationale". Les mots ont un sens et "éducation nationale" fait penser que l'école est là pour remplacer les parents. Le respect, la politesse et le savoir-vivre s'apprennent à la maison. L'école n'est pas là pour ça, elle est là pour accompagner l'élève et lui transmettre le savoir. L'aveuglement et la surdité des institutions et de certains corps pédagogiques est à pointer du doigt. Comment ne pas être écœuré quand, lors d'un suicide ou d'une agression, les professeurs font comme si rien ne s'était passé ?

Certes, ce n'est pas une généralité, mais j'observe les faits divers récents, les établissements sont lents à réagir. Il y a un temps judiciaire qui est long, coûteux et déstabilise les familles qui veulent des réponses et des sanctions.

C'est un problème complexe qui me fait aboutir à un constat simple : pour réduire le harcèlement scolaire, il faut un travail de fond avec l'#Education Nationale, le ministère de la justice, de l'intérieur et de la santé.

Beaucoup d'élèves sont en mal-être. Il m'arrive de parler aux responsables politiques et je leur propose justement de mettre sur la table le principe de cours de relaxation, de méditation. Ce n'est pas grand-chose, cela nécessite une heure ou deux sur le temps scolaire mais cela peut faire partie des solutions à proposer en matière de santé publique.

VV : Croyez-vous qu’une législation puisse mettre un frein aux cas de harcèlement scolaire ?

NB : Il faut plus de répression. Le laxisme a trop duré. L'école est à l'image de la société, on en connait les conséquences. Pour certains, c'est une prison, d'autres une jungle. Tous les coups sont permis. Nous avons besoin d'une loi générale, pleine et entière, qui allie harcèlement scolaire et cyberharcèlement.

Je pense également qu'il faut ramener la minorité pénale de 13 à 10 ans. A 10 ans, certains jeunes sont très, trop matures et il leur arrive d'agresser des camarades. Je ne veux pas faire de la répression à tout prix, mais il est inadmissible qu'un enfant de 10 ans puisse agresser avec une arme un autre camarade ou puisse lui envoyer des menaces. A lire : Marion, 13 ans pour toujours

Les parents doivent être proches de leurs enfants, le contexte familial reste important, cela va sans dire. A l'école, les CPE sont aussi là, comme les assistantes sociales, infirmières scolaires. Faisons-leur confiance.

VV : Enfin, que conseillez-vous à ceux qui ont été victimes de violences à l’école avant les années 2000 ?

NB : La 1ère chose à faire est sortir du silence. En tant que membre de l'association Les Parents, j'encourage les anciennes victimes à nous parler. J'ai trop connu ce phénomène pour ne pas en connaitre les conséquences sur le long terme. On ne s'en remet jamais dans certains cas, mais ce n'est pas une fatalité. La réunion de victimes de harcèlement peut créer un réseau d'entraide d'un soutien considérable. Quand j'ai commencé à publier des livres sur le sujet, beaucoup de jeunes ont voulu suivre mon exemple et je suis fier d'avoir pu les aider. C'est ça qui fait notre force face aux agresseurs : la parole.

Pas besoin de violence, c'est inutile. Les mots font déjà le travail de la revanche. #Ecole #Famille