Dans la jungle de Calais, ce ne fut certes pas une immense bataille rangée entre gendarmes mobiles, CRS et policiers, et #Migrants, dès la tombée de la nuit, samedi. Mais une cinquantaine de jeunes gens ont jeté des pierres et de petites bombonnes de gaz en direction des pelotons des forces de l’ordre. Lesquelles ont riposté par des charges et des gaz lacrymogènes. L’évacuation de la #Jungle de Calais devrait débuter lundi à l’aube, mais on ne peut préjuger de ce qui se produira ce dimanche. Il s’agira de procéder au tri des familles, des mineurs isolés et des personnes estimées « particulièrement vulnérables », qui seront dirigées vers des hangars aménagés en attendant que des autocars les acheminent vers des localités de province (hors Corse et Île-de-France). Celles et ceux refusant de s’enregistrer en tant que demandeurs d’asile risquent la déportation (ou tout au moins l’arrestation, dans un premier temps, avant placement en détention : qui ne pourra être identifié par les autorités de son présumé d’origine devenant apatride). Près de 1 300 membres des forces de l’ordre relevant d’unités d’intervention sont présents, appuyés par la police bouclant le secteur. Les policiers et gendarmes redoutent que de tels incidents nocturnes se reproduisent les nuits suivantes. Il est prévisible que la « jungle » se reconstitue peu à peu, sans doute plus éparse. L’Unicef s’inquiète des conséquences de l’opération pour les mineurs dont des trafiquants pourraient s’emparer à la faveur de l’évacuation. Pour leur part, les autorités britanniques ont renforcé les contrôles côtiers, estimant que des passeurs tenteront « d’offrir » une dernière chance de traverser sur des embarcations de fortune. Près de 1 300 mineurs isolés ont été répertoriés. Ils resteront hébergés à Calais durant une ou deux semaines.

280 centres d’accueil

Une sorte de gare routière temporaire rassemblera les évacués qui seront embarqués lundi par la première soixantaine d’autocars. L’opération est d’envergure et toutes les haltes seront sécurisées par la police. Des rotations sont prévues toute la semaine prochaine. Les centres d’accueil sont répartis entre 84 départements, et disposent en moyenne de 25 lits. Ils devront accueillir quelque 7 000 migrants. Plus de 2 400 partiront dès lundi. Les populations locales adoptent des attitudes variées. Certaines, avec l’appui de la municipalité, s’opposent des migrants, et inversement y voient une opportunité de développement. D’autres sont partagées entre maires s’inquiétant de la prise en charge des migrants à moyen terme et des répercussions budgétaires, populations favorables, pour des raisons humanitaires, ou hostiles à l’arrivée des migrants, ou cas inverse, les municipalités se confrontant à de fortes oppositions. L’appréciation est contrastée selon que les communes ont déjà ou non accueilli des migrants. Certaines communes sont favorables à une accueil supplémentaire, d’autres non, pour une diversité de raisons. L’opération est à haut risque pour le gouvernement, tant à très court terme, si l’évacuation se déroule mal, qu’à moyen terme, dans les régions.

Les activistes redoutés

La police redoute moins les mouvements des migrants, ce dimanche, qu’un afflux d’activistes venus protester et susceptibles de créer d’autres troubles ; les zadistes du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont annoncé qu’ils seraient présents. L’inconnue, c’est le nombre des activistes « No Border », ces altermondialistes venus de toute l’Europe. Ils ne seraient toutefois que moins de 300…Les habitants de Calais et aussi les routiers espèrent qu'enfin, la jungle de Calais sera démantelée et ne se reformera pas. #évacuation