Les quatre parents de mes petits enfants ne sont pas mariés mais il n’est pas exclu qu’ils s’y résignent… un jour, ou l’autre, mais pas du jour au lendemain. Seraient-ils, avec mon approbation naïve, des guerriers idéologiques ? Des terroristes mentaux internationaux ?

Un pas en avant, un pas en arrière

Niais que j’étais. Je croyais que les mariages homosexuels, un peu partout au monde, revalorisaient l’institution. L’infaillible parole vaticane me déscille les yeux. À Tbilissi (Tiflis), en Géorgie, le pape catholique apostolique romain (l’un des papes du catholicisme) rencontrait son homologue du patriarcat qui préside aux destinées de 0,3 % de la population locale. Ce sont des fidèles de rite byzantin ayant rejoint Rome ou des Arméniens (Sa Sainteté Garéguine, orthodoxe, n’avait pas fait le déplacement). Alors que le Vatican s’ouvre aux divorcés (à condition que, concubins, ils ne s’adonnent pas au péché de chair), le pape François a comparé le divorce au blasphème qui « salit l’image de dieu ». On pouvait se demander quel divorce il évoquait : c’est celui brisant le lien entre « l’homme et la femme qui ne font qu’une seule chair » (donc, supposera-t-on, le monogame hétérosexuel). « Une colonisation idéologique » lancerait donc ses divisions dans « une guerre mondiale pour détruire le mariage ». Tel Monsieur Jourdain faisant de la prose sans le savoir, resterai-je un colon ? Ou abjurai-je mon erreur ?

Jésus-Marie-Joseph

Ô doux Jésus, ce n’est pas toi « la plus belle chose » de la divine création, mais l’union entre tes parents, Marie et Joseph. Au lieu de l’abréviation JMJ qui ornait les copies des enfants des écoles catholiques, MJ pourrait suffire. Le #Pape François est entré dans les détails. Oui, la scène de ménage peut être chose saine, « normale », mais il faut se rabibocher sous la couette car « la guerre froide du jour d’après est très dangereuse ». Si le démon, de midi-minuit, taraude, « vous devez demander tout de suite de l’aide ». Les burettes de bromure d’un prêtre ou d’un diacre seront-elles secourables ? Dans un premier temps car, comme pour les invertis, le déconditionnement spirituel s’impose. Très ostensiblement, dès le début de son pontificat, le pape romain avait marié une vingtaine de couples (cela ne s’était plus produit depuis 1994, puis 2000, lors du Jubilé des familles). Certains avaient vécu dans le péché et conçu, et un couple (une mère célibataire et un, non pas divorcé, mais délivré du sacrement indissoluble par la Sacra Rota, un tribunal religieux) au profil atypique avait été fort remarqué. On ne sait s’il y avait un couple « mixte » (la Sacrée congrégation pour la doctrine de la foi insiste toujours qu’il soit fait en sorte « que les catholiques ne se marient qu’avec des catholiques »). Voici deux ans, un synode fut consacré au mariage. On a au moins, depuis le siècle dernier, abrégé le canon 2319-1-1 qui vouait à l’excommunication qui se mariait devant un ministre (de culte) non-catholique.

Nullité et « théorie » du  genre

Depuis fin 2015, il a été recommandé d’accélérer les procédures d’examen de nullité du mariage. Cela ne veut pas dire qu’on annulera à tout va, mais que les délais seront réduits. Le mariage, en vue de la procréation, reste au centre des préoccupations de l’épiscopat, notamment africain, réuni en juillet dernier. Cette conférence a réaffirmé que le mariage ne peut « concerner des personnes du même sexe ». Concubinage, contraception, avortement ont été de nouveau dénoncés. Radio #Vatican a repris les propos du pape en ajoutant que le grand ennemi du mariage, c’est « la #Théorie du genre ». C’était donc cela ! Dans un pays où les catholiques sont trop peu nombreux pour ne se marier qu’entre eux, le pape a abordé le sujet de l’œcuménisme mais n’a pas évoqué les mariages mixtes. Mais on aura compris que se marier devant un ministre du culte du genre reste hors de question. Mais bon, peut-être ne faut-il pas en voir partout, en casque colonial, ou déguisé en missionnaire.