Des fonctionnaires dans la rue, quelquefois avec uniforme et arme, la scène n'est pas banale. Elle se reproduit pourtant depuis quatre jours, en France, et le mouvement n'est pas forcément impopulaire. Les #policiers sont fatigués de missions de plus en plus nombreuses, de mobilisations liées à l'Etat d'urgence, de violences de plus en plus importantes jusqu'à cette attaque au cocktail Molotov contre 4 policiers à Viry-Châtillon (Essonne) le 8 octobre 2016. Les images de ces véhicules en feu ont ému les Français. L'un des agressés est encore hospitalisé.

Les policiers envahissent les rues de Province

"Je recevrai les organisations représentatives de policiers dans le début de semaine", a déclaré, hier mercredi soir, François Hollande, jugeant "important de donner une perspective et une réponse immédiate".  Le Président qui était à Bruxelles a ainsi voulu aller dans le sens de l'apaisement, disant que "lui et le gouvernement étaient dans une démarche de dialogue". Mais le mouvement parti de Paris s'est étendu à la Province. Et il faudra sans doute plus que des promesses de Hollande pour que les policiers lâchent leur mouvement. Ces policiers conscients que le risque fait partie de leur mission, estiment que la justice est beaucoup trop laxiste pour ceux qu'ils interpellent. Cette nuit ,ils étaient  près de 500 à Paris sur l'esplanade du Trocadéro chantant la Marseillaise, puis sur les Champs-Élysées, puis sur la route du ministère de l'Intérieur avant d'être bloqués par les gendarmes. Près de 800 fonctionnaires ont défilé entre la place Bellecour et l'hôtel de ville de Lyon, quelque 400 à Melun, 120 à Évry, une centaine d'agents à Bobigny, Toulouse, Carcassonne et Bordeaux, une cinquantaine à Montpellier et à Tarbes. A Marseille, près de 200 policiers se sont rassemblés à 23H00 sur le Vieux Port avant de rallier le palais de justice, sirènes hurlantes et gyrophares allumés. Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a promis "la plus grande fermeté" envers ceux qui s'en prennent aux fonctionnaires de police... Des déclarations qui, en période de campagne électorale, perdent un peu de poids. La veille, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait promis aux syndicats policiers qu'une concertation serait lancée dès lundi dans les départements.

La faute au FN?

"La France est le seul pays où on peut cramer un mec et ne rien risquer", a affirmé à l'AFP un manifestant, sous couvert d'anonymat, qui comme ses collègues veut "des moyens sur le terrain" et des crédits pour remplacer des matériels hors d'âge. De son côté, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a dit voir la "patte" du Front national dans ces actions "hors la loi" d'agents de police, d'après RTL.fr. Un soupçon balayé par le #FN, dont la présidente Marine Le Pen a évoqué le mécontentement "légitime et sain" des policiers. Selon un haut cadre de la police nationale à l'AFP, cette fronde révèle surtout "que les policiers ne font plus confiance à leurs syndicats". Lors de l'agression de Viry-Châtillon, un adjoint de sécurité de 28 ans a été très grièvement brûlé. Il est toujours hospitalisé, plongé dans un coma artificiel mais n'est plus sous assistance respiratoire. Sa collègue, une gardienne de la paix de 39 ans, également grièvement touchée, a quitté l'hôpital mardi soir. Qui pour défendre la police aujourd'hui... sinon la police? #manifestation