Le 27 septembre 2016, France 3 a diffusé "Marion, 13 ans pour toujours". Il s'agit de l'histoire de Marion Fraisse, jeune fille de 13 ans qui, le 13 février 2013, s'est pendue après des mois de mauvais traitements de la part des autres élèves de sa classe et de son collège. Disponible en replay sur pluzz jusqu'au 27 octobre 2016, avec #Julie gayet dans un rôle poignant de mère courage, le téléfilm absorbe celui qui le regarde. Le débat suivant la diffusion est tout aussi intéressant et a une réelle vertu pédagogique. Le harcèlement ne doit pas être toléré, le harcèlement doit être combattu et les établissements scolaires ne doivent plus fermer les yeux sur ce qui se passe entre leurs murs.

#Nora Fraisse, la maman de Marion, a souhaité que le téléfilm colle à la réalité, tout en gardant sa dimension universelle. Le but de l'adaptation sur petit écran était la vertu pédagogique. A la télé, en prime time, le sujet du #harcèlement scolaire est réellement abordé, d'une façon directe, frontale, en montrant aussi toute la violence qui en découle de nos jours, par le biais des téléphones portables ou des réseaux sociaux. Si avant, le harcèlement s'arrêtait une fois rentré à la maison, de nos jours, celui ci continue, se perpétue jusque dans les foyers de ces enfants menacés. L'histoire vraie de Marion, c'est aussi une histoire de famille, avec des parents présents, qui s'inquiètent du changement de comportement de leur fille, mais l'adolescente ne veut pas inquiéter ses parents, par pudeur, par culpabilité, elle n'ose pas parler, s'exprimer. Lorsqu'elle évoque ce qu'elle subit à l'école, elle minimise. Quand dans le téléfilm, Julie Gayet, dans la peau de Nora Fraisse, intercepte des SMS menaçant sa fille, elle réagit immédiatement. Marion, elle, dédramatise, ce n'est rien, il ne s'agit que d'une mauvaise blague. C'est là que le cercle du harcèlement s'installe, la honte qu'il procure empêche souvent la victime d'en parler. Au cours du débat, Nora Fraisse intervient, elle explique que certaines scènes, certaines paroles sont vraies, d'autres réadaptées. Ce qui est important, reste l'authenticité et la cohérence de cette historie inspirée de faits réelles. Afin que "Marion ne soit pas morte pour rien", comme le répète sa maman.

 

Quand l'école n'intervient pas en cas de harcèlement scolaire

Professeurs qui ne savent pas réagir, administration qui ferme les yeux, le téléfilm montre aussi l'impuissance du collège à défendre Marion contre ses agresseurs. Lorsque la maman de Marion demande à changer sa fille de classe car il y a énormément de chahut chez les 4e C, la demande est refusée. Aucun argument n'est entendu. Lorsque dans la classe un élève insulte et jette son carnet à la figure d'une professeur et que, face au raffut le principal intervient, l'enseignante ne dit rien. La scène est édifiante, le principal fixe Marion du regard, qui baisse les yeux et finit par avouer, à demi mot la faute de son "camarade", pratiquement obligée de se sacrifier devant le manque de courage des adultes. Comme si ils n'étaient pas capables de prendre leurs responsabilités. C'est la réaction du corps enseignant, suite au suicide de Marion, que Nora Fraisse a aussi beaucoup combattu. Un silence pesant, assourdissant, une impression de gêner, une non reconnaissance de son statut de victimeL'école s'impose comme complice du harcèlement ce qui est inadmissible. Lorsque des professeurs, des surveillants se rendent compte de tels agissements, leur rôle est aussi de réagir.

Agir contre le harcèlement

Depuis le décès de Marion, ses parents s'impliquent fortement contre le harcèlement scolaire. Ils ont fondé l'association "Marion la main tendue" afin de lutter contre le harcèlement scolaire, contre le cyberharcèlement, en intervenant dans les écoles et en soutenant les victimes, pour que jamais plus, des enfants ne mettent fin à leurs jours, à cause de leurs harceleurs.