"Des actes aussi intolérables appellent des sanctions exemplaires". C’est Manuel Valls, le premier ministre, qui s’exprime, quelques heures seulement après l’agression de policiers, samedi 8 octobre 2016, dans l’#Essonne. Et c’est la phrase que les Français ne veulent plus entendre, parce qu’ils n’y croient pas. Parce qu’ils n’y croient plus. Il est 15 heures, à Viry-Chatillon, lorsqu’une quinzaine d’individus cagoulés se dirige vers deux véhicules de police stationnés près d’une caméra de surveillance, dans le quartier sensible de la Grande Borne. Alors que ces policiers sont contraints de rester dans leurs véhicules, ils sont rapidement victimes d'engins incendiaires et sévèrement brûlés. Au point d’être médicalisés sur place, dans un premier temps. Deux autres policiers, arrivés en renfort, sont également accueillis par des cocktails Molotov et légèrement blessés. Les deux véhicules sont calcinés. Ce n’est pas un incident consécutif à un accrochage dans le quartier, comme quelquefois, mais bien une attaque qualifiée d’inouïe par des témoins qui n’hésitent pas de parler de scène de guérilla urbaine.

Le terrorisme n'est plus la seule menace pour les policiers

Des policiers affirment, eux, que le terrorisme n’est plus la seule menace à laquelle ils sont aujourd’hui confrontés. Ils ont encore en tête les images de Kevin Philippy, ce flic courage protégeant, le 18 mai 2016 à Paris, son équipière alors que leur voiture était incendiée, en marge d’une manifestation. Les Français n’ont pas oublié ces images. Alors, quand Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur exprime, hier, sa "profonde indignation" et "condamne avec la plus grande fermeté" cette attaque qui "porte atteinte à l'intégrité physique de policiers dans l'exercice de leurs fonctions de protection de la population", le quidam est en droit de s’interroger. Il est en droit de se demander quel pourcentage représente la communication dans un discours de politique, d’autant plus en période de pré-campagne électorale. Combien de fois a-t-on entendu depuis deux ans ces mêmes phrases, ces mêmes mises en garde des membres du gouvernement dans le sillage des déclarations présidentielles. Dans certaines cités, difficiles comme la Grande-Borne, les pompiers, les policiers, les … médecins n’ont toujours pas droit de cité sans l’autorisation expresse des « tenanciers » du quartier. On n’est plus là dans la communication, mais dans la vie quotidienne. La communication ne redonne a confiance ni aux Français… ni aux électeurs. #Policier #Fait divers