Il était peut-être grand temps : 15 #bars musicaux de #Rouen ont fait l’objet d’une mesure administrative de fermeture totale ou partielle pour non-respect des normes de sécurité incendie. C’est à la suite de l’incendie du bar Cuba Libre, le 6 août dernier, et la mise en examen de son gérant et de son frère, Nacer et Amirouch Boutrif, pour « homicides et blessures involontaires aggravées » (par violation délibérée d’obligation de sécurité), que les services municipaux ont décidé une inspection générale. Les bars musicaux, dits bars bams, subsistant à Rouen étaient tous en infraction de gravités diverses et un seul a reçu un avis de conformité. 12 sont donc dans l’obligation d’entreprendre des travaux en sous-sol ou autres salles mais peuvent encore rester ouverts au public, et trois font l’objet d’une mesure de fermeture totale jusqu’à recevoir avis de réouverture. Rappelons qu’un incendie dans un bar de Bucarest avait provoqué la mort de 50 personnes (et 150 blessés), le 30 octobre 2015, puis la démission du Premier ministre Victor Ponta. En France, en novembre 1970, l’incendie de la discothèque le 5-7, à Saint-Laurent-du-Pont (Isère) avait provoqué la mort de 146 personnes. Si les autorités ne peuvent juridiquement être tenues responsables de tels drames, du fait du principe que « nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes » (les exploitants ne peuvent arguer d’un défaut d’inspection pour enfreindre des règles présumées connues), leur inaction leur est toujours a posteriori reprochée.

Énormes carences

Ces bars « à ambiance musicale » (bam) organisent des concerts et sont présumés filtrer le public pour ne pas admettre plus de personnes que leur capacité à évacuer en cas de sinistre. Ce n’est pas toujours le cas et surtout, les locaux peuvent présenter d’énormes carences comme dans le cas du Class-Ik, fermé dès le 20 août après un départ de feu. Le Trois Pièces Muzik Club, qui était classé en catégorie 5 ERP (établissement recevant du public) a été dégradé d’un niveau. Les classements se font sur « base déclarative ». Par la suite, des propriétaires ou gérants entreprennent des modifications, les repreneurs laissent en l’état. En 2016, un millier de visites avaient été menées à Rouen, dans des hôtels ou restaurants, et déjà 37 avis défavorables ont été rendus. Dans le cas de ces bams, d’énormes carences ont été constatées. Ainsi, un escalier de secours menait aux toilettes, des installations électriques foisonnantes aux fils dénudés, des issues de secours condamnées, ont résulté par des interdictions totales. Tous les établissements sanctionnés ont été rétrogradés en catégorie 4 et soumis aux mêmes obligations que les discothèques pour rouvrir en conformité. Il y a en France près de 200 000 établissements en catégorie 5. Les contrôles vont être partout renforcés et de nombreuses fermetures, certaines définitives faute de fonds pour faire effectuer les travaux alors qu’il n’y a plus de recettes, vont être constatées. Les exploitants doivent d’abord régler un audit de sécurité avant d’entreprendre les travaux. Même en cas d’ouverture partielle (maintien de l’accès à la seule salle du bar), nombres d’entre eux ne pourront s’en relever si leur trésorerie les oblige à recourir à des emprunts (le crédit pouvant être ou non accepté).

Le maire et la députée reçus par Cazeneuve

Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur, a reçu le 11 octobre Yvon Robert, maire de Rouen, et Valérie Fourneyron, députée. Il s’est engagé à faire suivre leurs recommandations : établissement d’un registre, diagnostic après cession, création d’un label. Après l’incendie de l’hôtel Paris-Opéra (25 morts en 2005), les normes et contrôles avaient été déjà durcis. Ces nouvelles mesures s’appliqueront aussi à des restaurants qui pourront être contraints de fermer des salles, mettant leur rentabilité en danger, d’autant que les visites s’accompagneront d’inspections sanitaires. On peut redouter des centaines de fermetures temporaires ou définitives, de cessions. #sécurité