Dans le nord-Isère, Michel Rives (1), 43 ans et chargé de projet dans la pub a inventé, si l'on peut dire, un nouveau verbe, voici quelques mois. Ou plutôt une philosophie. Lui dira plutôt que "Bataclaner" lui est venu, un jour de petite misère. Ce jour là, le souvenir de l'attentat du #Bataclan l'a aidé à relativiser. Depuis, il l'utilise comme une religion. Une religion qu'il partage avec de plus en plus d'adeptes. Il ne souhaite pas faire entrer "son" verbe dans le dictionnaire. ll l'offre à celles et ceux qui, peut-être, voudront aussi s'aider en ayant une pensée, pas seulement pour les victimes, pas seulement le 13 novembre.

C'était en décembre 2015, explique Michel Rives, soit peu de temps après le véritable massacre du Bataclan, des terrasses de café et de Saint-Denis. "Je suis sorti de chez moi et un pneu de ma voiture avait été crevé. Du moins je l'ai cru et je suis parti dans une furie. J'allais être en retard au boulot. J'ai mis quelques coups de pied dans le... pneu". En fait, quelques minutes plus tard, il s'aperçoit que celui-ci n'a pas été victime d'un acte de vandalisme. "J'avais tout simplement une pointe dedans, que j'avais du prendre sur le chemin menant chez moi...". C'est ce jour que Michel Rives va, pour la première fois, "bataclaner". "Je me suis trouvé stupide. J'étais encore sous le coup de cet attentat au Bataclan. Je me suis dit "Relativise", c'est quoi une roue? Et c'est là que j'ai fait l'association, je me suis dit "Bataclane". Tout aurait pu en rester là, si Michel Rives n'était pas particulièrement investi dans le monde associatif, notamment sportif. "Plusieurs fois, j'ai repris des amis, dirigeants de mon club de football: "les gars ce n'est pas grave, Bataclanez!" mais, à chaque fois, "je leur demande de ben comprendre pourquoi ils le prononcent". Par extension, il souhaite en fait associer toutes les victimes de tous les #attentats. Petit à petit, le verbe s'est répandu dans le pays viennois (38) et s'est étendu au sud du Rhône, ayant franchi le fleuve. Carole, secrétaire de son association sportive, le dit avec force: "il ne veut surtout pas ramener l'initiative à lui. Depuis le début, la formule, loin d'être vraiment magique, mais qui aide, se propage de bouche à oreille. Michel ne veut pas se faire la moindre publicité, lui qui, justement travaille dans ce milieu".

"Bataclaner" fera son entrée... sur les réseaux sociaux !

Tout au plus, à la veille du premier anniversaire, ils ont décidé "d'ouvrir les vannes des réseaux sociaux. Si cela peut aider d'autres personnes, alors, pourquoi pas ?" reconnait Michel Rives. Lequel ne fera rien pour "imposer" son verbe, souhaitant que ses utilisateurs soient dans le même état d'esprit que lui. "Je serai content si la France entière bataclanait, pas parce que je suis à l'origine du verbe, mais parce que j'aurais peut-être été à l'origine d'un début d'apaisement pour tous ces petits bobos que nous dramatisons..."

Les attentats du 13 novembre 2015 ont fait 130 morts et 413 blessés hospitalisés. Ce sont des milliers de personnes qui, de près ou de loin, ont été victimes collatérales. Le Bataclan est devenu le symbole de ces attentats et Sting chantera le samedi 12 novembre 2016 pour la réouverture de la salle de concert. Le spectacle est complet .

(1) Nom d'emprunt. #Terrorisme