Un homme prend la parole. Il explique que le 13 novembre 2015, un bandeau s'affiche au bas de son téléviseur: attentat au Stade de France, un mort. Il se dit alors: heureusement, qu'un mort. Il ne sait pas alors que c'est son père. Manuel Dias, 63 ans, chauffeur de car qui est tombé au Stade de France. Seule victime d'un terroriste kamikaze, de cette explosion entendue durant le match France-Allemagne.

Victime solitaire et, il faut le dire, un peu oubliée durant cette année. Difficile à vivre, sans doute, pour la famille, son fils se disant d'ailleurs ce #13-novembre orphelin du terrorisme. Pour ces célébrations, tout au long de cette journée du 13 novembre 2016, les politiques ne s'exprimeront pas. Ni le chef d'Etat, ni le gouvernement, ni d'autres personnalités qui s'effaceront devant les vrais témoins de ces horribles moments. Ce discours, de Michael, fils de Manuel Dias, lu sans trembler, a été d'une profondeur extraordinaire, d'un optimisme sincère. Et de conclure par Vive la tolérance, vive l'intelligence, vive la France. Seul geste "politique", ce samedi au Stade de France, le dévoilement d'une plaque en mémoire de Manuel Dias, par François Hollande. A ses côtés, Manuel Valls, le premier ministre, Richard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur et de nombreux membres du gouvernement. La cérémonie se prolongeait par le dépôt de fleurs, en musique, sur un morceau choisi par la famille. La délégation officielle, pour sa part, prenait part à deux autres cérémonies. Tout d'abord devant les bars et les restaurants de Paris. Ce que l'on a appelé les terrasses, là où les clients ont été fauchés par les tirs des terroristes. François Hollande et les représentants du gouvernement se retrouveront ensuite au Bataclan, salle de spectacle qui a fait le plus gros des victimes ce 13-novembe 2015.

Ni Hollande, ni Valls, Michael Dias seul autorisé par les familles à faire un discours

90 morts morts, des centaines de blessés et des milliers de familles impactées. Là non plus, il ne devrait pas y avoir de discours, toujours à la demande des familles. La période de campagne de la primaire à droite et au centre, mais la proximité des annonces de candidatures à gauche, aussi, auraient sans aucun doute été dénoncées par les Français. Lesquels supportent de moins en moins ces récupérations des #attentats. Si Charlie avait échappé à ce sentiment, depuis tout a changé. Il faut dire que les attentats successifs ont créé un climat anxiogène, pas vraiment propice à la sérénité.

Sting "ouvre" la nouvelle salle du Bataclan

En fait, c'est sans doute Sting qui aura donné le coup d'envoi de la vie d'après avec son concert donné vendredi 12 novembre 2016. Une vie qui ne sera plus jamais la même pour les fidèles du Bataclan. Plus la même non plus pour les blessés et familles de victimes. Mais cette venue de Sting pour beaucoup, marque le démarrage d'une nouvelle salle, plus sécurisé, plus moderne mais qui reste le Bataclan en lettres rouges.