En pleine période de bilan de fin d’année, je m’interroge sur ce premier trimestre scolaire et le bien fondé de voir nos chères petites têtes blondes ou brunes grogner, protester, arguer que l’école c’est nul et qu’ils savent déjà tout (entendu à la maison)... Alors, la boule au ventre, nous les laissons à la "méchante" maîtresse. Miraculeusement, nos renfrognés en culottes courtes se transforment radicalement à la récré.

Ok, il y a sûrement manipulation de leur part. Mais pourquoi ne pourrait-on pas avoir une école ouverte aux demandes finalement assez simple de nos petits ? Ils veulent être rassurés et sont naturellement curieux, ils aiment découvrir de nouvelles choses.

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Or, la première année ressemble énormément à une extension de la crèche en moins maternant. L’enseignant et l’Astem n’ont pas à consoler nos effondrés. Pas le temps, pas leur rôle, l’école c’est sérieux. Après avoir passé deux ou trois ans en garderie, les enfants veulent apprendre, nous-mêmes les encourageons à devenir grands et, preuve suprême d’ailleurs, ils vont à l’école ! Oui mais voilà, l’apprentissage en petite section est le même pour tous, que l’enfant ait 2 ans et 9 mois ou bien 3 ans et 8 mois, avec à la clé des notions bien évidemment essentielles à acquérir en 3 années, à savoir la vie en groupe et le respect. La propreté étant une condition sine qua non à l’entrée à l’école, la première année se concentre donc sur ces éléments sociabilisants. A cela, l’éducation nationale qui a refondu son programme en 2015 ajoute : « Agir, s'exprimer, comprendre à travers l'activité physique, à travers l’activité artistique, structurer sa pensée et comprendre le monde ».

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Le problème étant que les plus de 3 ans et demi ont déjà acquis bon nombre de ces notions, via crèches ou garderies, il leur reste donc à prendre leur mal en patience et à ravaler leurs envies. Sauf à penser qu'apprendre à attendre fasse partie des fondamentaux.

Les méthodes alternatives

Attendre, être patient : effectivement, notre vie est axée autour de nombreuses files d’attente. Mais ne pourrions-nous pas également apprendre à devenir maîtres de nos vie, c’est-à-dire actifs ? Cela s’acquiert tôt si l’on regarde du côté de Céline Alvarez. Cette institutrice et chercheuse a fait le buzz ces derniers mois, avec ses méthodes d’apprentissage inspirées par Maria Montessori. La pédagogie Montessori place l’élève et ses sens au cœur du système d'apprentissage. « L'intelligence vient de la main », disait-elle. Dans son livre Les Lois naturelles de l’enfant, Céline Alvarez rappelle que le professeur doit garder à l’esprit un apprentissage actif, une bienveillance et insuffler la motivation à l’élève.

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Elle affirme qu’en stimulant le potentiel de chaque élève, l’on arrive à les amener à la lecture très facilement par exemple, vers 4 ans et, cerise sur le gâteau, l’enfant est heureux d’aller en classe !

Maria Montessori est décédée en 1952 et ses préceptes continuent à faire leur preuve, les écoles basées sur ses méthodes se multiplient. Dans une école idéale, les trois sections de maternelle sont réunies afin que les élèves s’appuient sur des plus jeunes ou des plus âgés, les plus grands aidant les plus petits. Une auto-discipline s’installe naturellement, les enfants deviennent plus calmes, plus autonomes et respectueux. Quand l’éducation nationale pourra-t-elle donner les moyens à des professeurs toujours plus volontaires d’appliquer ces méthodes alternatives mais néanmoins efficaces ? Sûrement pas tant que les classes de maternelle compteront 30 élèves A l'heure où l’enquête internationale Timss, rendue publique mardi 29 novembre, décrit une chute des performances en terminale S et de lourdes difficultés en CM1, nous pouvons peut-être nous ré-interroger sur les causes qui nous ont amenés à ce résultat : moyens, méthodes, formations des enseignants... Nul doute que le prochain représentant de l'Etat aura à cocher cette case sur sa to-do-list en 2017. #Niveau scolaire #Education