Voilà qui va intéresser autant ici qu’un retour sur l’affaire Profumo. C’était du temps du Premier ministre britannique Harold Macmillan. Soit, au rythme d’accélération de la diffusion de l’information actuelle, à des années lumières de vos, de nos préoccupations du moment. Rassurez-vous : je conçois fort bien qu’Edward Heath, qui ne participe à aucune émission de téléréalité, n’a que fort peu de suiveurs sur la chronique mondaine du Salisbury Journal, ne pose pas avec des nymphettes dénudées sur Instagram (pour cause, il est décédé en 2005), ne vous intéresse guère plus qu’un nième documentaire sur la pèche au lamparo des clupéidés planctonivores du lac Tanganyika, côté Burundi. Passons donc à autre chose, après expédition rapide d’une explicitation de ce titre. La police britannique a dépensé près d’un million d’euros pour démêler le vrai du faux parmi les allégations de deux dérangés du bocal faisant d’Edward Heath l’animateur d’un réseau de pédophiles sataniques qui égorgeaient leurs très jeunes victimes après s’être livrés à des orgies dans des églises. La première des accusatrices était une femme qui s’était dite violentée à la lueur de bougies en forêt, allongée sur des symboles cabalistiques tracés au sol. Lucy X s’est répandue en détails scabreux (incestes, meurtres rituels…). Glissons. L’autre éminent accusateur (parmi d’autres de moindre talent inventif), fut un certain Nick, qui, lui aussi sous hypnose, aurait remémoré des scènes horribles. Bref, depuis l’affaire Jimmy Saville, un ex-animateur de radio #pédophile aux multiples réelles victimes, des centaines de personnes ont été accusées à tort. L’un des sports nationaux est devenu se faire passer pour une gamine ou un gamin sur les réseaux sociaux, d’obtenir des rendez-vous, et dénoncer l’interlocuteur à la police (souvent après l’avoir tabassé).

La presse va-t-elle trop loin ?

Ce dont je veux vous entretenir et qui ne vous intéressera guère davantage, c’est de l’initiative du quotidien L’Union-L’Ardennais (siège à Reims) de publier sur son site un mur de la honte. Ce à la suite des réactions de son lectorat choqué par les affiches de la campagne de prévention du sida et réagissant en se lâchant total. Bref, ce que les organisateurs de la Manif pour tous, les dirigeants de Sens commun n’osent pas formuler en public se déverse par tombereaux : ‘’tarlouze’’, ‘’pédés’’, ‘’détraqués mentaux’’, ‘’chui pas homophobe mais deux mecs ki s’embrassent, c’est gore’’. &c. Plus au sud, France 3 Midi-Pyrénées avait publié sur son site ‘’certains de vos commentaires sur l’arrivée des migrants dans la région sont insupportables (…) beaucoup donnent la nausée.’’. Je vous fiche mon billet que la rédaction de L’Union passe désormais pour un repère d’homosexuels (s’il en reste, les très rares et très discrets de mon époque à L’Union doivent être à la retraite, je n’imagine pas qu’ils soient désormais davantage). Ou que celle de France 3 est désormais taxée de ‘’collaborationniste vendue aux bougnoules’’. Mais cela fait belle lurette que la cause est entendue d’avance, on nous cache tout, on nous dit rien, #Presse pourrie, &c. Tenez, ce n’est pas tout à fait hors-sujet. Nicolas Sarkozy a été victime d’un complot, désormais, seul Henri Guaino (toujours candidat à l’élection présidentielle) peut sauver la France, mais la conjuration médiatique veut l’éliminer (je résume les dires en forums des nostalgiques de l’ex-président). Les journalistes sont désormais pris en étau par les réseaux sociaux. Ils n’en font jamais assez ou ils en font toujours trop, c’est selon. Cela ne date pas d’avant-hier, ni de naguère, plutôt d’antan, du temps jadis, mais je crois que cela n’a jamais pris autant d’ampleur. La presse actuelle est davantage déconsidérée que la presse-torchon de l’époque de Balzac. Du temps du Temps, quotidien de connivence du Quai d’Orsay, l’injonction (de Tardieu, crois-je, non de Beuve-Méry) était ‘’faites chiant’’. C’est plutôt à présent ‘’faites des vagues’’. Le ressac s’en ressent. #sataniste