Des hontes au logis, j’en conserve sous mes tapis. Sale métier. Je m’en absous par l’excuse de le faire salement, euh, parodiquement. Parfois, mon naturel rousseauiste revient au galop, mitigé, comme le chantait Boby Lapointe. Mitigée aussi ma perception et réception des pages en ligne des sites du quotidien L’Union (aussi, pleine page papier en édition Châlons-en-Champagne) dénonçant l’homophobie d’une fraction de son lectorat ou de FR3 Midi-Pyrénées fustigeant la xénophobie d’une part de son auditorat. Le constat, c’est que ces initiatives sont devenues des scoops, puisqu’une large proportion des autres sites de #Presse traditionnelle a répercuté ces infos. L’autre constat, c’est que le #buzz a fonctionné à plein. J’actualise à l’instant la page de FR3 : 112,2k je ne sais quoi (pages vues, commentaires, partages sur Facebook…). Ce depuis le 27 octobre dernier. Pour la page de L’Union, beaucoup plus récente, cela s’oriente vers les 700 commentaires… J’imagine qu’à la pub, en tout cas au service publicitaire de L’Union, on se frotte les mains. Et j’en viens à supputer tout à fait gratuitement, à la limite inférieure de l’outrage et de la diffamation, non que l’indignation des confrères soit feinte, mais qu’elle s’accompagnait aussi d’un pronostic sur les taux de fréquentation. J'me goure ?

Rédactions séparées ?

Naguère, j’aurais passé des coups de fil aux représentants syndicaux (SNJ, CFDT…) pour m'assurer de l’état des lieux. Les rédactions en ligne sont-elles distinctes de celles des divers services du quotidien ou de l’antenne ? La pression est-elle mise sur les confrères pour qu’ils produisent parfois au détriment de la qualité ou de l’intérêt du sujet ? Ce que je sais, c’est que mon remplaçant au service reportage de L’Union m’avait confié, voici déjà dix ans ‘’tu sais, à présent les longs reportages que tu faisais avec carte blanche, c’est révolu. Je n’ai pratiquement plus le temps de sortir, je passe deux-trois coups de fil, puis au sujet suivant.’’. Ce que je sais, c’est que les rédactions pure player (support en ligne exclusif) doivent assurer et du rendement, et du chiffre. Peut-être pas chez Plenel (Mediapart), mais pour la majorité, c’est presque la même galère que pour le desk de feue l’Agence centrale de presse (boulot exténuant).

Sensationnelles & douteuses ?

Il me serait malvenu de donner des leçons de déontologie. Mais quand même. Il m’est arrivé de répliquer vertement à du courrier (papier) des lecteurs mais avec davantage de mesure. Et puis, je signais en nom propre. Là, la signature est collective à L’Union (Fabrice Valéry et Marie Martin, de France 3, ont eu la décence de signer). J’assume et mes pseudos, limpides, incluant mon patronyme, et la plupart du temps, ma trogne. Balancer des pseudos fantaisistes et des avatars rigolos, passe encore, mais d’autres, identifiant clairement les auteurs, je trouve cela limite. Nous avons à faire à des lectrices, des auditeurs, pas à des professionnels de la communication. France Info a pu retrouver ‘’Marc’’, épinglé au ‘’mur de la honte’’ de L’Union pour un ‘’l’homosexualité OK, affichage et propagande, pas OK’’. Comme disait Voltaire, pas d’ac’, mais je me battrai pour que tu puisses, ‘’Marc’’, l’exprimer. Il paraît que c’est un Champenois (ou Axonais, ou Ardennais) d’Ajaccio, et qu’il aurait reçu des menaces du style ‘’vous ne méritez pas de vivre, pourriture homophobe’’. Vrai, faux, entre-deux, exagéré, factuel, je ne sais. Mais j’estime que le procédé résulte, de ce fait, d’initiatives limite sensationnelles et a posteriori, douteuses. Pourquoi ? Car d’autres, sans formation solide, sans débat préalable entre confrères et consœurs, vont constater que troller de la sorte est payant. Je ne doute pas de la sincérité de Géraldine Baehr, cheffe de l’agence de Châlons, qui assume sa démarche, mais du fait d’éventuelles répercussions, j’estime ses justifications un peu courtes. Et se glorifier du buzz obtenu (voir Twitter @ge_baehr), franchement, c’est superflu. #Homophobie