C'est une annonce qui a fait dans un grand boom dans le domaine de l'information et que j'ai pu entendre, ce matin, à la radio. Il semblerait que les "honnêtes gens" auront un dossier, à leur propos, contenant toutes leurs données biométriques

Le projet TES (Titres Electroniques Sécurisés):

Le projet a démarré, le 30 octobre, suite à la publication d'un décret émanant du gouvernement dans le Journal officiel qui ordonne la réalisation d'un fichier unique qui va réunir les données de la carte d'identité ou bien du passeport des "honnêtes gens". D'après le gouvernement, cela permettrait de faciliter les démarches administratives ainsi que de limiter grandement les usurpations d'identité. Cette base de données pourra être consultée par les forces de l'ordre (police, gendarmerie) ou encore les préfectures et les services de renseignement. Ils auront aussi la possibilité de le transmettre au système d'information de Schengen ou à Interpol.

La base de données des TES contiendra, bien entendu, le nom, l'âge, la taille, la couleur des yeux, les empreintes digitales, l'adresse physique et électronique ou encore la photo de l'individu concerné. Il pourra aussi contenir les traces éventuelles d'une interdiction de territoire, d'un vol ou encore de confrontation avec les forces de l'ordre même si elles sont pas mentionnées dans le cassier judiciaire. Même si ses fervents défenseurs expliquent que ce genre de procédé pourrait aider contre le terrorisme ou la criminalité, il y a de nombreuses dérives qu'il est important de préciser et que les politiciens arrêtent de nous sortir le même argument qui n'a plus aucun sens: "Oui mais si vous n'avez rien à vous reprocher, ce n'est pas grave si on constitue un dossier à propos de vous".

La dérive de ces fichiers biométriques:

Déjà, on va donner un petit cours d'informatique aux défenseurs du projet, il y a une pratique qui s'appelle le piratage informatique et aucun système n'est infaillible quand on voit le piratage de Yahoo!, Linkedin ou encore, dernièrement, celui de DNS Syn. Imaginons qu'un ou des pirates décident de s'attaquer aux bases de données biométriques, ils n'auront qu'à se pencher pour recueillir toutes les informations qu'ils désirent sur les "honnêtes gens" et pourront plus facilement usurper l'identité de quelqu'un. L'autre dérive est que les forces de l'ordre (le gouvernement compris) pourraient s'en servir afin de suivre les faits et gestes d'une personne en traçant tous les déplacements qu'elle a effectué grâce à celui-ci.

Ce projet avait été critiqué, lors de son adoption par l'Assemblée nationale en 2011, par la CNIL qui recommandait que ce genre de données soient conservées dans un support individuel détenu uniquement par la personne concernée et aussi que tout détournement ou mauvais usage de ce genre de dossier pourrait avoir un risque majeur sur l'identité de l'individu. Encore une fois, le gouvernement se permet des libertés pour limiter celle du peuple. #France #Politique #Biométrie