Bon nombre d'entre nous entretiennent l'image du drogué prêt à vendre père et mère pour dénicher sa dose. Il vole, casse, traîne dans des endroits lugubres pour assouvir son manque, dégoter son précieux et s'envoler vers le paradis artificiel dont il dépend. Mais depuis l'apparition des nouvelles drogues de synthèse (NDS), rien n'est plus simple que de se procurer ses friandises favorites sur Internet. Qu'on soit toxicomane ou consommateur récréatif, une carte bancaire suffit à se faire livrer en toute détente des psychotropes qui imitent les effets de substances illicites telles que le cannabis, la MDMA ou encore la cocaïne. Il s'agit de produits de synthèse dont la structure moléculaire s'approche de ceux que l'on connaît sans pour autant être tout à fait la même ; ils ne sont donc pas juridiquement considérés comme illégaux. Principalement produites et importées de Chine, ces substances agissent sur les mêmes récepteurs du système nerveux que les drogues dites "classiques" bien qu'on ignore souvent la véritable nature de leurs contenus. Leurs conséquences sur la santé à long terme restent méconnues et pourraient s'avérer désastreuses.

Une lutte contre les nouvelles drogues de synthèse totalement inefficace

Les autorités ont tenté d'interdire ces molécules en les classant parmi les stupéfiants, mais une légère modification chimique suffit à changer la structure moléculaire du produit pour le rendre à nouveau légal, parfois au risque d'en voir éclore un plus dangereux que la version précédente. L'interdiction fait donc l'effet d'un coup d'épée dans l'eau, la législation étant bien incapable de suivre la cadence effrénée des laborantins. Le directeur de l'association de réduction des risques des usagers de drogues, Fabrice Olivier, parle même d'une "guerre perdue d'avance". Depuis l'apparition des NDS en #France dans les années 2000, plus de deux cent molécules ont été identifiées sur le territoire, ce qui nous donne un aperçu de l'ampleur du chantier. Les tarifs de ces drogues varient selon les sites mais restent très compétitifs en comparaison des prix proposés par les dealers de rue. Et si par malheur un colis bourré de drogues légales se fait intercepter par une douane réticente, les vendeurs se proposent de réexpédier la commande gratuitement.

Notre pays s'indigne pour une quenelle trop épicée ou une tenue de bain pas assez laïque, mais reste étrangement silencieux lorsqu'on évoque le fait de pouvoir y choper des drogues dures via le web en toute légalité. #cannabis #Drogue