Dans l’affaire de l’arbitrage Tapie, il est envisageable que #Christine Lagarde, alors ministre, ait été tenue soigneusement à l’écart, n’aurait découvert que tardivement que les époux Tapie avaient obtenu un préjudice moral, un pretium doloris (prix de la douleur), et qu’on lui ait fait valoir qu’un recours aurait été inutile ou trop coûteux. Mais la #Cour de justice de la République n’a pas considéré sa ligne de défense, ne lui infligeant qu’une peine de principe, sans la moindre conséquence financière, ni inscription au casier judiciaire, pour sanctionner sa ‘’négligence’’, ce qui évite d’avoir à se prononcer sur qui, à Bercy, à Matignon (où siégeait #François Fillon), ou à l’Élysée (Claude Guéant est témoin assisté dans cette affaire, Nicolas Sarkozy n’a pas répondu aux convocations des juges), aurait pu la rouler dans la farine.

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Plus que son éventuelle complicité, à l’insu ou non de son ‘’plein gré’’, c’est ce qui fait réagir l’opinion et diverses personnalités politiques… D'autant que, mieux informée, Ch. Lagarde aurait conservé le dossier sous le coude pendant 19 jours.

Impunité à configuration variable

Pierre Laurent, du PCF, a commenté sur Twitter : ‘’on peut être virée de son boulot de caissière pour une erreur de 85 cts, mais être dispensée de peine pour 400 millions’’. D’autres ont cité Jean de la Fontaine (‘’les jugements de cour vous rendront blanc ou noir’’). Nicolas Dupont-Aignan reprend la formule qui avait fait florès du temps de l’affaire du sang contaminé (qui avait vu un ministre passer devant la Cour de justice), ‘’Lagarde reconnue coupable mais… pas responsable (…) nettoyons la politique !’’.

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Florian Philippot, du Front national, est plus précis. Si ce n’est elle, seraient-ce donc ses ‘’frères’’ ou comparses ? Il évoque ‘’le premier ministre, le président de la République’’. L’Obs’ a donné la parole aux Internautes. Lesquels se demandent si une condamnation aurait changé quoi que ce soit. D’autres s’interrogent : Lagarde a évité de rétribuer encore davantage d’avocats, la condamner n’aurait-il pas entraîné d’autres très lourds frais de justice en portant l’affaire en cassation. Autre réaction : ‘’elle n’a été qu’une marionnette aux mains de Sarko. Mais que diable fait-elle au FMI ? Il n’y a aucune raison que cela soit différent’’. Le parallèle avec l’affaire Cahuzac, et son traitement par la presse (qui supputait que tout le monde au gouvernement couvrait Jérôme Cahuzac) est aussi évoqué : ‘’Sarkozy ne sait rien. Formidable. Fillon ne sait rien…’’. Car Christine Lagarde avait relevé : ‘’je note que le Premier ministre, François Fillon, a déclaré son soutien à la décision’’.

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Tapie : " abruti de

Bayrou "

Dès les prémisses de l’affaire de l’arbitrage, François Bayrou s’était très montré très critique et à la suite du jugement, il a mis en cause le Premier ministre Fillon et Nicolas Sarkozy. Bernard Tapie a répliqué sur RTL : ‘’je suis en train de voir cet abruti de Bayrou (…) il est en train de pérorer sur les responsabilités du président de la République (…)’’. Bernard Tapie a déclaré qu’il tiendrait une nouvelle conférence de presse (une de plus, après un livre, de multiples déclaration) sur l’affaire. L’ancien magistrat Philippe Bilger, passé de celles de Marianne aux colonnes du Figaro a quant à lui salué la ‘’miraculeuse lucidité’’ et l’indépendance de la Cour de justice dont la décision ''honore'' les parlementaires (siégeant en tant que magistrats). Or la Cour de justice a pris en compte la personnalité et la réputation (internationale) de la mise en examen. Dans ce cas, pourquoi s’en être pris à J. Cahuzac, à DSK, ou à qui provoque un accident en raison d’un excès de vitesse non intentionnel, commet un meurtre par étourderie, et pourquoi donc ne pas appliquer cette jurisprudence en matière commerciale, en procès au civil, en conflit juridique sur le droit du Travail, aux Prud’hommes ? On espère de nouveau entendre Philippe Bilger saluer de nombreuses relaxes, simples rappels de la loi ou peines de principe.