Si vous êtes passager sur certaines compagnies aériennes, sachez que vos données personnelles ont peut-être été interceptées… pour votre sécurité. Car selon les archives d'Edward Snowden, la compagnie #Air France aurait été classée compagnie à risque depuis 2003 et ses passagers écoutés par la National Security Agency (#NSA) et les hommes du service anglais équivalent, le Government Communications Headquarters (GCHQ). Et pour certains services de renseignements le ciel ne peut attendre… il est en effet devenu tout aussi naturel et réflexe d’utiliser son téléphone portable dans un avion que de retirer de l'argent avec sa carte lorsqu'on arrive à l'étranger.

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Dés lors, la surveillance des agences gouvernementales s’organise pour vous éviter le pire.

Dès la fin 2003, la CIA considère les vols d'Air France comme des cibles privilégiées pour les terroristes. Et la compagnie Air France apparaît en 2005 dans un mémo de la NSA fixant les grandes lignes du projet qui définit la surveillance d’avions civils dans le monde entre 2005 et 2013. La menace terroriste se positionne sur les transports de toutes sortes : le super-tanker et ses cuves pleines de pétrole pouvant être sabordé à un endroit stratégique, les navires de croisières, les trains...Mais à cette époque, elle est clairement devenue aérienne. A son origine, un événement: le détournement d'un avion d’Air France, le vol AF8969 durant l'hiver 1998. Durant ce vol assurant la liaison entre Alger à Paris, quatre membres du Groupe islamique armé (GIA) prennent le contrôle de l'appareil entre le 24 au 26 décembre 1994.

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L’Airbus A300 est immobilisé à Marignane, près de Marseille et ses 220 passagers seront libérés par l'opération héroïque du Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) qui mettra fin au détournement en neutralisant les terroristes. L'objectif présumé des terroristes était de faire exploser l'avion en vol sur la tour Eiffel ou la Tour Montparnasse. Beaucoup d’experts estiment que le plan du GIA lors de cette action était un ballon d'essai en vue des attentats du 11 septembre 2001, sept ans plus tard à New York.

Mais cet épisode entraînera l'arrêt des vols commerciaux d'Air France en Algérie jusqu'en… 2003. Précisément l'année qui marque le début de la surveillance pour la compagnie aérienne, avec une vigilance toute particulière une fois son entrée dans l’espace aérien américain au même titre… qu’Air Mexico!

En 2009, la NSA indique dans un document interne que 100 000 passagers ont utilisé leur téléphone portable en vol. Les interceptions ne se limitent pas aux appels et atteignent les différentes modes de communication possibles sur les téléphones (SMS, courriels, navigation sur le net...).

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Un immense terrain de chasse pour les espions et la possibilité de capturer de nombreuses données sur les avions de ligne. Fin 2012, les services britanniques sont, quant à eux, en mesure d’espionner un téléphone à une altitude de croisière de près de 10.000 pieds via un satellite et des d'antennes au sol. Que ce soit pour récupérer les données ou neutraliser un smartphone.

Au nom de la lutte antiterroriste… et puis quoi encore?

Une moisson d’informations précieuses, certes, dans le cadre de la lutte contre le #Terrorisme ou de son prolongement, le contre-terrorisme pour nos alliés. Mais en fait, c'est une collecte fructueuse de données d’entreprises stratégiques et politiques… qui est organisée. Elle concerne aussi bien le créateur de start-up venu tenter sa chance sur la Silicon Valley, le chef d’entreprise en voyage ou le diplomate français en poste en Afrique… directement localisable et surveillé depuis son fauteuil en première classe. Bref, une zone de chasse qui ne connait pas de saisons, de limites et dont les cibles ne sont plus seulement de fanatiques terroristes. Et toutes les informations qui transitent sur internet, en messagerie ou sur les réseaux sociaux sont stratégiques et bienvenues. Car sur les avions d'Air France...la guerre est aussi économique.