C'est un nouveau coup de poignard infligé par la #Justice à monsieur André Bamberski, qui aura mis presque 30 ans pour faire emprisonner le responsable de la mort de sa fille. Incarcéré depuis 2011, Dieter Krombach pourrait donc quitter sa cellule et rentrer dans son pays.

Tout commence en 1982, quand le corps de Kalinka Bamberski, 14 ans, est retrouvé sans vie au domicile de son beau-père et de sa mère, dans le sud de l'#Allemagne. Officiellement, la jeune fille est décédée des suites d'une insolation, verdict prononcé par...son beau-père, monsieur Krombach, cardiologue.

Mais pour le père de la victime, ça ne colle pas.

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L'autopsie va d'ailleurs révéler de nombreuses incohérences quant à la cause du décès et les soins pratiqués par Krombach, qui a volontairement administré à Kalinka une piqûre (contenant une préparation à base de fer) qui devait soi-disant l'aider à bronzer. L'expertise va également faire état de traces de substances douteuses sur les parties génitales de la victime, sans pour autant les analyser. Malgré l'incapacité du légiste à fournir les raisons exactes de la mort, le parquet de Kempten (Allemagne) classe l'affaire et conclut à une mort accidentelle en août 1982.

Convaincu par la culpabilité de Krombach, monsieur Bamberski va alors se battre pour relancer l'enquête en France, contre l'avis de son ex-femme. Le corps de Kalinka est exhumé et soumis à une deuxième autopsie, au cours de laquelle on apprendra que les parties génitales de la victime ont mystérieusement disparu, rendant impossible les examens complémentaires.

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Qui protège Krombach ?

Il faudra attendre 11 ans pour que la cour d'appel de Paris exige le renvoi de l'affaire devant une cour d'assises. En 1995, Krombach est condamné par contumace à quinze ans de réclusion criminelle pour "violences ayant entraîné la mort, sans intention de la donner". Deux années de batailles juridiques supplémentaires seront nécessaires à André Bamberski pour qu'un mandat d'arrêt international soit délivré à l'encontre du coupable.

Car en Allemagne, Krombach sait qu'il est intouchable. Mais en 1997, il est également condamné dans son pays pour avoir violé sous anesthésie l'une de ses patientes, âgée de 16 ans. Il reconnaît les faits et écope de...deux ans de prison avec sursis. Une peine qui semble dérisoire aux vues de la gravité des faits. Cinq autres jeunes filles l'accuseront pour des faits similaires, mais ne seront jamais reconnues comme victimes, faute de preuves.

Malgré cette affaire et ces témoignages, la mère de Kalinka continue de protéger son second mari, tout comme la justice allemande, qui refuse de l'extrader en France.

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Pendant plus de dix ans, il va échapper à sa condamnation française, bénéficiant de mystérieuses couvertures. Il est même arrêté en Autriche en 2000, puis relâché malgré le mandat d'arrêt international.

Mais André Bamberski continue de se battre. Il va consacrer sa vie à ce combat, et organiser lui-même le rapatriement de Krombach en France, en 2009. Constatant l'immunité dont bénéficie le meurtrier de sa fille dans son pays, et devant l'inaction d'une partie des autorités françaises (certainement contrainte à ne pas "froisser" un pays ami), il va orchestrer l'enlèvement de Krombach et le livrer à la justice (il sera condamné à un an de prison avec sursis pour son action).

Une nouvelle fois jugé et condamné à 15 ans de prison en 2011 (violences volontaires aggravées ayant entraîné la mort, sans intention de la donner), le médecin Allemand est donc en passe d'être libéré, à l'âge de 82 ans. Un dernier rebondissement qui vient ternir un peu plus l'image d'une justice à deux vitesses, où ses deux principes fondamentaux, à savoir l'impartialité et l'indépendance, auront sans cesse été bafoués...

Le père de Kalinka a tout de même salué la décision du parquet, qui a immédiatement fait appel

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