#Givors (69) aura t-elle ce #Cinéma qu'elle mérite sans aucun doute ? Depuis quelques semaines, la Municipalité a initié un combat autour de cette affirmation: "Les Givordins ne doivent pas être méprisés, Givors a le droit d'avoir son cinéma".

Une affirmation déclinée sous différentes formes: tracts, pétitions, banderoles, journal municipal. Après 18 ans de calme, consécutif à l'échec de l'arrivée d'un cinéma multiplex dans la Ville, la municipalité semble soudain reconnaître qu'une commune de presque 20 000 habitants devrait avoir droit à une culture cinématographique. En 1998, le projet d'un multiplex est annoncé, à grands coups de communication, d'autant que le prétendant est Gaumont.

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Entre feux Gaumont et Megarama, en 2016, un fait majeur est intervenu. En 2008, la famille Flacher ferme provisoirement le dernier cinéma de Givors Le Paris. Tué, entre autres, par l'arrivée du multiplex CGR, à Brignais. Un site qui permet à la cité de Paul Minssieux, le maire, de proposer une vie culturelle et ludique des plus intéressantes. La sortie d'hibernation survient donc au printemps 2016, devant une salle comble au Théâtre, et l'annonce de l'arrivée de Mégarama. Pas la plus attractive des usines cinématographiques, mais un projet ambitieux pour Givors. Pour les habitants, le dossier est bouclé et viable. L'échec de 1998 ne peut pas se renouveler. Sauf que le 21 novembre 2016, la Commission nationale d'aménagement cinématographique (CNAC) donne raison aux recours déposés par les cinémas de Brignais, Rive de Gier et Vienne.

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Qui souhaitent maintenir leur fréquentation et l'avenir de leurs salariés. Cela, le maire communiste de Givors, le conteste. Martial #Passi se dit "scandalisé(s) car il est inadmissible qu'une commission nationale décide de Paris, de priver les Givordins de leur cinéma...". Mais aussi indigné(s) "... que des intérêts de grandes sociétés privées soient ainsi privilégiées au détriment de l'intérêt général et au mépris des Givordins". Pourtant, Mégarama, elle aussi société privée, ne posera pas ses valises à Givors pour faire autre chose que du business. Logique. Plusieurs hypothèses aujourd'hui.

1. Mégarama s'installe. Le sort des cinémas est scellé. D'ici deux à trois ans, un multiplex de sept salles et 1300 places, ouvre. Dès lors, il lui restera à se faire une clientèle en faisant revenir les cinéphiles givordins dispersés. Il veillera alors à ce qu'un autre multiplex ne s'installe pas, trop près, à Chasse sur Rhône, par exemple. Car, cette fois, les manifestants auraient changé de camp.

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2. Mégarama ne s'installe pas. Ce serait un deuxième revers. Les habitants qui ne parlaient plus du manque de cinéma se sentiraient méprisés par une annonce anticipée. Ils auront eu l'habitude de s'y faire, certes. Les principales victimes seraient les personnes non motorisées.

Givors encore et toujours sans cinéma. Pas réaliste !

3. Givors reste sans cinéma. Après la campagne de com actuelle, après que des élus se soient dits indignés et après avoir saisi les parlementaires, les ministres et même le chef de l'Etat, on imagine mal cette solution.

Henri Flacher: "J'ai proposé au maire de racheter le cinéma Le Paris"

4. Réouverture du Paris. Depuis sa fermeture provisoire en 2008, Le Paris, rue Longarini, attend des heures meilleures avec ses trois salles. Chaque année, la famille Flacher sort 10 000 euros par an de frais divers, n'ayant pas renoncé à une réouverture. Henri Flacher explique. "J'ai croisé le maire et je lui ai fait une proposition, il y a quelques jours... A savoir que la Ville rachète mon cinéma...". Et Henri Flacher d'expliquer qu'il serait prêt à réinjecter le montant de la vente dans un projet cinématographique. Possèdant les deux immeubles entourant Le Paris, les époux Flacher estiment qu'il pourrait s'agir d'un équipement moderne et de centre ville.

Le dossier du cinéma pourrait être l'un des dossiers évoqués lors de la Législative 2017, dans la XIème circonscription du Rhône, du moins à Givors.