#Givors (69) a droit à son #Cinéma ! Le slogan est décliné à toutes les sauces. Des communiqués, la Une du Journal municipal, une pétition, une lettre à Hollande, une lettre T et des banderoles un peu partout dans la ville. La colère est grande côté municipalité. Les habitants, eux, reviennent dix-huit ans en arrière quand, déjà, on leur avait "vendu" un multiplex.

Givors et l'histoire du multiplex qui débute en 1998, avec une couverture couleurs de "Vivre à Givors", le journal municipal. La ville privée de septième art depuis un certain temps va enfin avoir le cinéma qu'elle mérite et pas n'importe lequel. Un Gaumont ! C'est la fête au village.

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D'autant que le journal fait des promesses, certes irréalisables, mais qui font leur effet. Tout d'abord, la mairie communiste va faire une première. "Ce sera la première fois qu'un multiplex s'installe en France, dans un quartier dit "sensible", ce qui démontre que celui-ci peut être attractif". A l'époque, les habitants souhaitent un cinéma, pas une première. La communication est à fond: "Pour un rayonnement accru et le renouvellent de l'image de la ville, l'équipement est susceptible d'attirer un million de visiteurs par an, dans un rayon de 250 km". La presse s'étonne et du million de visiteurs, et du rayon de 250 km. 25 km ? Pas au nord car, même en 1998, Lyon n'attend pas Givors pour divertir sa population. Projet trop ambitieux ? Moyens financiers pas assez importants pour trouver le bon emplacement ? A coup sûr, un empressement dans la communication.

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2016, les Givordins sont conviés à un samedi matin de présentation, au théâtre de la ville. La salle est comble. La Ville a mis les petits plats dans les grands. Elle a fait monter la température avec une campagne d'affiches de cinéma personnalisées. En grandes pompes, il est annoncé qu'un Megarama de sept salles et de 1300 places sera prochainement offert à la population. 90% des présents applaudissent chaudement, eux qui ont trouvé bien long ces 18 ans sans salles obscures. 10% sont plus réservés. Echaudés, ils attendent de voir. Et le dossier ne va pas bien évoluer. Dans un tract, le maire explique "...Le 21 novembre 2016, la Commission nationale d'aménagement cinématographique (CNAC) a donné raison aux recours déposés par les trois cinémas voisins: Brignais, Rive de Gier et Vienne". Le maire de Givors enchaîne: "Nous sommes scandalisés et indignés par une telle décision". Cet avis contraire fait désordre dans la population qui a l'impression qu'on lui l'a fait deux fois. En fait, la procédure est tout à fait habituelle.

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Que des cinémas, modeste comme celui de Rive de Gier ou plus costauds comme le Mega CGR de Brignais ou le multiplex de Vienne, raisonnent en termes économiques, est logique. Et c'est là que deux approches s'opposent. Le maire a engagé une série de courriers à François Hollande, aux préfets, aux ministres, une réaction habituelle chez les élus, mais qui donne peude résultats. La Ville est inondée de banderoles.

Pour Givors une plaie qui s'est réouverte

Pétitions, banderoles, courriers, communication. Mais un changement de décision serait surprenant, mais souhaitable pour les Givordins. L'ancienne ville ouvrière le sait, elle qui a subit une désindustrialisation traumatisante le siècle dernier, et qui ne s'en est jamais remise. Les combats d'arrière-garde ont rarement aboutis. Celui-ci semble appartenir au même registre. Il y a dix-huit ans, Vienne et surtout Brignais n'étaient pas ainsi dotés. Il y avait de la place pour Givors. Aujourd'hui ?

Mégarama aura t-il un poids nécessaire pour s'imposer à Givors ?

Megarama n'est sans doute pas de taille face aux géants. Le problème est plus celui d'une annonce anticipée qui a réactivé les espoirs. Trois salles privées prennent, elles, la poussière dans le centre-ville de Givors. Comme le dit la municipalité: "Givors a droit à son cinéma". Si l'interdiction d'un multiplex est confirmée, réactiver ce cinéma restera peut-être la seule solution.