Tous les trois ans, l’enquête internationale PISA (acronyme pour Programme for International Student Assessment) scrute les systèmes scolaires de plus de 500 000 élèves de 72 Etats membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (#OCDE). Elle analyse leurs performances respectives et distingue les états qui progressent. Les pays asiatiques sont à nouveau dans le haut du classement dans l’étude réalisée courant 2015 qui vient d’être rendue publique. Et c’est #Singapour qui apparaît en tête alors qu’elle figurait en bas du tableau dans les années 90. La cité-Etat a accompli l’une des plus incroyables progressions économiques de l'histoire moderne.

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Sa réussite éducative s’impose désormais aux pays de l’OCDE. Une culture d’excellence qui tient ce succès tant dans le secteur éducatif que dans la qualité de ses enseignants. Sans oublier les méthodes pédagogiques innovantes et la mentalité des élèves et leurs parents.

Le modèle scolaire de Singapour repose autant sur ses professeurs que sur les élèves. Les enseignants y sont les mieux payés au monde et reçoivent une prime au mérite pour les mieux notés. Les salaires sont assez hauts par rapport aux autres métiers. La formation initiale est très pointue. Les enseignants sont très valorisés dans la société et peuvent bénéficier de perspectives de carrière intéressantes comme formateurs, chercheurs, chefs d’établissement. Ils peuvent accéder à la formation continue à raison d’une centaine d’heures par an.

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A contrepartie, les évaluations sont assez fréquentes. Coté élève, le pays prend l’échec scolaire à la base et dés le primaire des maîtres spécialisés dans une discipline aident prioritairement les élèves en difficulté pour les mettre le plus rapidement possible à niveau. Les écoles en difficulté reçoivent des meilleurs enseignants. Les méthodes pédagogiques sont tout aussi innovantes et se pratiquent avec un usage précoce du numérique. Le modèle est orienté sur la créativité et l’apprentissage autonome et obtient les meilleurs scores en sciences, en mathématiques ou en lecture de l’enquête PISA. Ainsi, on considère que les élèves de Singapour ont deux années d’avance en moyenne sur les autres élèves de l’OCDE.

Un système éducatif français qui obtient tout juste la moyenne lors de l’enquête !

Les résultats de la France sont assez préoccupants. Car même si elle s’en tire avec la moyenne dans ce classement, notre pays fait du sur-place Certains de ses voisins, tels l’Allemagne ont déjà réagis et progressés par rapport aux anciens classements PISA.

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Dans l’éducation Nationale, les enseignants ne sont pas assez bien considérés et leurs salaires sont relativement faibles. Le modèle français n’associe pas assez les enseignants aux réformes et souffre d’un déséquilibre dans les différentes matières, entre le poids des connaissances théoriques par rapport aux pratiques pédagogiques. Au 21em siècle, la technologie est quasi-absente dans les trois dernières années du secondaire et l’utilisation du numérique est faible (en dépit des immenses progrès scientifiques des smartphones, de biotechnologies...). Dans un monde en pleine mutation, là où les autres pays se demandent s’il ne faudrait pas augmenter les heures d’apprentissage du code informatique, la France mène le débat sur la priorité à accorder entre l’étude du Latin ou celle de l’Arabe en cours préparatoire. Le poids des inégalités est également important et l’écart se creuse de plus en plus, pointant la France comme l’un des systèmes les plus inégalitaires des pays de l’OCDE. Les élèves français sont nombreux à redoubler par rapport aux autres pays de l’OCDE.

Peut-on pour autant s’adapter au modèle scolaire singapourien ou à défaut obtenir de tels résultats? Celà n’est pas si sûr, même en mettant en place les correctifs éducatifs ou au prix d’importantes réformes. Car une des clefs de son succès réside dans le dynamisme économique hors-norme de Singapour qui investit sans compter dans son modèle éducatif. #Education