Les principaux syndicats de cheminots l'ont annoncé : les #TER de la région Pays-de-la-Loire seront en grève à partir de vendredi. En cause, une mésentente avec une décision récente du conseil régional qui, à Nantes, a tranché en faveur de la fin du monopole de la #SNCF sur les rails régionaux. Comme on le sait, si les TGV dépendent directement de la SNCF, les TER, eux, comme leur nom l'indique, dépendent des régions et des conseils régionaux. En fait, ils sont achetés individuellement par le conseil régional, qui le fournit à long terme à la SNCF. Mais, en ce moment, à cause d'un déficit budgétaire, la SNCF a tendance à en demander davantage aux régions, et demande parfois à ce que ce soit elle qui finance l'entretien des rails.

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Bref, en Pays-de-la-Loire comme ailleurs en France, les TER sont complètement sous le contrôle public de la région.

L'opposition entre monopole et concurrence resurgit

La crise qui ébranle les transports ferrés régionaux a beaucoup à voir avec deux conceptions différentes de l'économie : une conception monopolistique (communiste) et une conception concurrentielle (capitaliste). Les cheminots syndiqués les plus radicaux, ceux qui appartiennent à la CGT, sont pour un monopole complet de la région et de la SNCF sur les petites voies ferrées régionales. En revanche, la région Pays-de-la-Loire est, depuis les dernières élections, sous le contrôle de la droite libérale. La majorité des conseillers régionaux siégeant à Nantes font partie du groupe Les Républicains. Cette droite libérale voit dans la concurrence des entreprises un bon moyen de compétitivité et de stimulation de l'économie.

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C'est pourquoi elle a décidé d'accepter que les voies ferrées régionales soient également disponibles pour d'autres sociétés de transport ferroviaires que la SNCF, ce qui a suscité la colère des syndicats.

La CGT a réagi mardi à cette décision : "Le conseil régional joue aux apprentis sorciers en pleines négociations concernant la future convention TER Pays de la Loire." Les cheminots chargés de la conduite des TER voient en effet d'un très mauvais oeil la fin du monopole étatique sur les rails français, persuadés que leurs conditions de vie n'en seraient que plus compliquées encore. Il est vrai que l'arrivée d'une concurrence déloyale sur les rails des Pays-de-la-Loire risquerait de forcer la SNCF à baisser les prix de ses trajets, et donc la rémunération de ses cheminots. Cela, ces derniers ne le veulent sûrement pas. En outre, ils le voient comme un refus de la région de s'occuper du financement de ses rails et de l'achat de ses trains.