Dans la lignée des pages "Paye Ta Shnek", "Paye Ta Fac" et "Paye Ton Sport", "#Paye Ton Bahut" s'attaque au sexisme et à son inquiétante propagation dans le milieu scolaire, dans les collèges et les lycées. Tous les indicateurs sont au rouge concernant la manière dont est perçue la femme en France. Il n'est pas question d'un simple souci, hypocrite, d'équité dans un gouvernement ou de réflexions stupides d'hommes politiques libidineux un peu trop éméchés. Il s'agit, enfin, de se poser sérieusement le problème du harcèlement sexiste dans le milieu scolaire en France. Pour les naïfs, pensant que la France apporte suffisamment de solutions justes, et logiques, pour combattre l'injure gratuite faite aux femmes, le temps est venu de se réveiller. Et rétablir un fort respect mutuel homme-femme.

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Et comprendre à quel point l'image de la femme est avilie, à quel point leur souffrance est passée sous silence dès le plus jeune âge. Il est nécessaire de comprendre que des adolescent(e)s pré-pubères ou des professeurs d'école multiplient, sans honte ni même aucune gêne, les attaques verbales - souvent associées aux gestes déplacés - envers de jeunes adolescentes déboussolées, qui, même combatives, sont des proies psychologiquement vulnérables.

"Paye Ton Bahut", des témoignages glaçants

Les portraits saisissent. Les agressions - car le terme est justement approprié - croissent, se banalisent et, en témoigne la récidive, ne sont que très peu punies. En particulier lorsqu'une autorité de l'établissement scolaire fait une réflexion désobligeante. Ainsi, au lycée Hoche de Versailles, en classe de première, le professeur d'histoire assène une cinglante explication : "Vous savez, lors de l'exode rural, quand les femmes arrivaient en ville, les plus costauds devenaient nourrices ou domestiques, les autres prostituées. Je peux vous dire qu'à cette époque vous auriez quasiment toutes finies sur le trottoir." Cet enseignant zélé croit bon de créer un lien douteux entre passé et présent en y incorporant une injure.

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La définition du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales conclut de cette manière la définition de la misogynie : "[...] tendance à fuir la société des femmes." Du simple sous entendu litigieux à au geste déplacé en passant par la sèche insulte "gratuite", une muraille de haine semble se dresser contre l'image même de l'être féminin en France...dans un pays ayant connu des figures féminines historiquement grandioses.

Au-delà du fait de ces réflexions et gestes déplacés à proprement parler, la vigilance est de mise quant à savoir comment évoluent ces femmes après avoir été dépréciées impunément tout au long des premiers cycles de leur scolarité. Comment outrepassent-elles ces brimades ? Comment lutter efficacement contre ces injures quotidiennes pour éviter les conséquences désastreuses pouvant se produire dans la psychologie des adolescentes ? Quelle réforme ou courageuse mesure politique pourrait être mise en place pour lutter contre ce fléau et réformer ou normaliser la pensée malsaine des adolescents en faute ? Il convient également de rappeler que le harcèlement en règle général, à un âge ou les personnalités sont censées se construire, peut avoir des effets dramatiques.

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L'action de Nora Fraisse, dont la fille, Marion, s'est suicidée le 22 février 2013 à cause de ce harcèlement, aurait déjà dû réveiller la majorité des consciences. #harcelement #Marion Fraisse