L'#astroturfing désigne une technique de propagande utilisée à des fins publicitaires ou politiques ou encore dans les campagnes de relations publiques, ayant pour but de simuler une activité ou une initiative qui serait issue des citoyens, mais qui, en réalité, est montée de toutes pièces par un acteur souhaitant #Influencer l’opinion. Dans les grandes écoles, l’ENA, et autres, on étudie la psychologie des foules. Fabrice Epelboin, enseignant à Sciences Po Paris, intègre ce concept dans le contenu de ses cours. Bien entendu, pourquoi le marketing et la politique se priveraient du pouvoir des réseaux sociaux pour influencer ? En marketing on parle de « disruption » (créer une rupture), méthode consistant à identifier les conventions culturelles dominantes puis à les remettre en question, pour construire et mettre en oeuvre une communication originale. Celle-ci peut se traduire par un moyen détourné d’obtenir gain de cause et les experts en la matière, tels les lobbyistes, se spécialisent dans ces stratégies futées.

Vous aurez remarqué ces fausses publicités qui ressemblent à s’y méprendre à des infos, des conseils, et pour bien enfoncer le clou, on paye une figure connue comme l’animateur d’E=M6, par exemple... Les médias sont influencés, tout comme les médecins sont influencés par les grands labo qui les invitent aux séminaires et conférences sur les nouveaux médicaments. Fabrice Epelboin donne l’exemple du Burkini, dans lequel politiques et médias ont plongé surfant sur un pseudo mouvement d’opinion. Pour les marques, il donne les exemples de Samsung, dans le but de discréditer HTC, et Exxon qui a également utilisé ces procédés pour contrer la résistance à l’exploitation du gaz de schiste. Comment s’y retrouver parmi les fake news, alternative facts, l’astroturfing, les info pub, le #lobbying ?

Les Etats, les groupes politiques et les marques sont les 3 principaux utilisateurs du procédé

Fabrice Epelboin : " L’astroturfing englobe l’ensemble des techniques, manuelles ou algorithmiques, permettant de simuler l’activité d’une foule dans un réseau social". Des personnes de connivence peuvent interagir sous couvert d'une fausse identité dans un fil de discussion, pour induire des phénomènes de masse sur les réseaux sociaux tel que Facebook, influencer les utilisateurs ou attirer l'attention sur un sujet ou une personne. Le plus important n'est d'ailleurs pas la popularité mais de faire parler de.

Il précise que l’astroturfing est utilisé par des états pour influencer l’opinion publique. Exemples : La Chine avec sa “water army”, compte plus de 280 000 fonctionnaires qui passent leur temps à diffuser les messages du gouvernement sur les réseaux sociaux. Lors des présidentielles de 2012, la Corée du Sud a influencé massivement l’opinion publique avec une vaste opération de diffamation du candidat de l’opposition, à travers les réseaux sociaux, des faux comptes sur Twitter créés par les services secrets. Anonymous a fait fuiter que les Etats-Unis développaient des outils pour mettre en place des opérations d’astroturfing. Snowden a révélé que le CGHQ (services de renseignement anglais) sait manipuler n’importe quel sondage. L’astrotrufing n'inquiétait personne avant l'avènement de la Big Data, la psychométrie, et les fake news, soubassements de la campagne électorale de Donald Trump. Pour supporter la campagne de Trump un chef de la stratégie : Steve Bannon, Breitbart News, est leur usine à “fake news”, et Peter Thiel, le Mr Numérique de Trump, fondateur de Palantir, startup iconique de la surveillance de masse, Alexander Nix, qui a utilisé la psychométrie et la Big Data pour servir le Brexit, et puis le rôle joué par les hackers et Wikileaks dans la campagne présidentielle américaine…