Depuis lundi 27 mars une grève générale s'est emparée de la Guyane. Mécontents de la montée de l'insécurité sur le territoire, un collectif nommé "500 frères" n'avait pas manqué, le 16 mars dernier, d'interpeller la ministre de l'Environnement, Mme #Ségolène Royal lors de sa venue, sur la question de la délinquance. Dès lors, de réelles revendications sociales ont émergé sur le territoire de #Guyane, portées par 37 syndicats différents. Le bilan se fait lourd, on découvre alors que 20 % de la population est touchée par le chômage, et que des dizaines de familles vivent sous le seuil de pauvreté. Afin de répondre à la crise et aux demandes des syndicats, le gouvernement a mandaté une commission interministérielle, fin de semaine dernière.

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Mais les guyanais, se sentant comme les "oubliés" de la France, exigent la venue des ministres et se refusent à toutes autres négociations. Afin d'être certains de se faire entendre, les syndicats de Guyane se sont unifiés en l'union des travailleurs guyanais (UTG). C'est ainsi qu'il a pu être voté, samedi 25 mars à la quasi-unanimité, la #Grève générale. L'UTG justifie tout de même cette prise de position en rappelant que la grève générale est le meilleur moyen de protéger les travailleurs grévistes.

Quelles ont été les conséquences du vote favorable à la grève générale en Guyane ?

Si Mme Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer a réclamé dès lundi que la grève se déroule dans le "calme", la population guyanaise ne l'a pas entendu de cette oreille. Ce n'est pas moins de 12 000 citoyens qui se sont rejoints dans les rues de Cayenne et de Saint-Laurent du Maroni, mardi matin, pour clamer leur mécontentement.

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La préfecture dénote qu'il s'agirait de la plus grosse manifestation qui ne se soit jamais déroulée sur le territoire. Les réclamations sont claires, l'instauration d'un plan d'investissement. Les meneurs du mouvement ne semblent pas, pour l'instant, revenir sur leur position. Une mesure qui peut sembler folle en métropole, mais en réalité compréhensible quand on prend acte de toute l'ampleur de la situation... Avec un revenu fiscal de référence de 17 000 € par foyer guyanais (contre un revenu fiscal de référence de 25 000 € en métropole) et un prix de consommation supérieur de 13 % à celui pratiqué en France métropolitaine, il semble effectivement que le peuple de Guyane ait été délaissé à son triste sort. La marche sociale obtiendra-t-elle, finalement, gain de cause ?