C'est tombé sur elle, Sophie (…) Berger. Elle relaie sur Facebook une vidéo rigolote, et c'est peut-être pour cela que Sophie B. la répercute, qui recense toutes les prises de position des #Médias tendant à mettre en doute la validité (voire la personne) du programme de #Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi pas ? Ce n'est pas tout à fait faux… ni tout à fait vrai. Déjà, énoncer que 90% de la presse française sont détenus par neuf milliardaires est une approximation. Si sont pris en compte les tirages, en presse écrite quotidienne, ceux de Ouest-France et du groupe de PQR contrôlé par le Crédit mutuel, le pourcentage tombe… Mais admettons qu'en presse hebdomadaire, Politis et Valeurs actuelles ne pèsent pas lourd.

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En mensuels, La Revue des Deux Mondes (du milliardaire-bienfaiteur de François Fillon, Ladreit de la Charrière) tire à 8 000. Quant au classement de Reporter sans frontières (la France au 45e rang mondial pour la liberté de la presse), il prend en compte des facteurs très diversifiés (dont l'hostilité ressentie par les journalistes, l'état d'urgence justifiant des écoutes, &c.).

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La presse, c'est qui ?

Réduire la presse à ses propriétaires, aux grandes voix (ou gueules) – éditorialistes, chroniqueurs vedettes – ne serait-ce pas quelque peu réducteur ? J'entends, et surtout lis, qu'Emmanuel Macron serait le "chouchou" des médias. Soit. Comment imaginer qu'il ne l'ait pas été : ascension fulgurante, prestance, &c. Mais plus personne ne semble se remémorer la masse des articles prédisant qu'il allait se dégonfler, qu'il n'était qu'une bulle médiatique.

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Je ne suis pas dupe. Si Le Figaro a relativement bien couvert le Penelopegate, cela s'est bien atténué, et l'édition du jeudi 13 dernier, distribuée gratuitement dans certaines boîtes aux lettres, valait à mes yeux rubrique électorale pour #François Fillon. Dont acte. Mais dire que Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon mettent la profession en transe et que le gent publiciste en défèque en ses basques, pardon, pas vraiment. Ils font vendre, ces têtes d'affiche. Ils créent de quoi faire des titres. Personne ne s'en prive. Si Le Figaro détenait une exclusive retentissante sur le Penelopegate, croit-on vraiment qu'elle passerait sous le boisseau ? Quitte à l'accompagner d'un édito pour en contrebalancer la portée… Ce qui me sidère, c'est le nombre d'écrits en ligne, le nombre de personnes que j'écoute, clamant qu'on nous cache tout, et ne nous dit rien. Sauf que, si on remonte leurs sources, recoupe, c'est pratiquement toujours dans la presse qu'est puisée au départ l'argument.

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J'entends ainsi que selon "les vrais sondages", François Fillon est largement en tête des intentions de vote. Sauf que ces vrais "sondages" n'en sont pas, qu'il s'agit de consultations en ligne ou d'analyse de la notoriété des candidats sur les réseaux sociaux. Et vérifiez : la presse en a fait état (dont Le Monde, qui a fait le point sur les instituts de sondages et leur nouvelle "concurrence", d'une toute autre nature). Beaucoup en arrivent à prendre une "vraie presse", dite "de réinformation", pour la seule crédible. Mais sans presse classique, pas de presse "de réinformation" (sauf si elle inventait totalement ses contenus, ce dont elle ne se prive pas, mais souvent en illustrant avec des visuels détournés de leur contexte, repris dans des parutions très antérieures pour les faire passer pour du "chaud-brûlant"). Mais François Fillon, Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon (d'autres à l'occasion, mais moins souvent) semblent s'être fait une spécialité de brocarder les médias. Tant mieux ! C'est comme l'adage, une info, un démenti, deux infos. "La presse panique" face aux bons sondages créditant Jean-Luc Mélenchon d'une seconde place ? Mais non, c'est tout bon, ça, coco, et le Méluche, c'est toujours "du social, du vivant, de l'humain". Et puis, désolé, c'est aussi dans la presse que j'ai lu que le projet de Macron d'exonérer environ huit sur dix des propriétaires réglant la taxe d'habitation, même si la mesure était compensée par l'État, est mal reçu par les élus municipaux. Une presse aux ordres ? "Admettons". Mais ordres contradictoires le plus souvent, ce dont les journalistes savent tirer profit pour faire leur métier. Ah, au fait, la dernière qui circule : des faux attentats contre les candidats destinés à reporter les élections et faire remonter la candidature Hamon (ou Macron selon les interlocuteurs). On y croit très fort. On pense aussi très fort que la police ne fait rien, ne déjoue aucun attentat, et est rendue complice des attentats par "le pouvoir" … Lequel au juste ? Celui du "cabinet noir" ?