Réunis en assemblée générale à La Voulte sur Rhône, au domaine de la Boissine, les #apiculteurs de "l'Abeille Ardéchoise et Drômoise" ont "planché" sur les dossiers les plus délicats. Ce syndicat de défense des apiculteurs et des #abeilles présente une originalité : il rassemble toutes les catégories d'apiculteurs en Ardèche et en Drôme, mais aussi des bergers des abeilles du Gard et du Vaucluse. Et il organise, chaque année, un concours régional des miels avec des médailles pour les meilleurs miels des apiculteurs du Sud Est de la France . Après les mots chaleureux de bienvenue de Bernard Brottes, maire de La Voulte sur Rhône, le président Francis Gruzelle devait souligner : "Nous avons un adhérent qui possède deux ruches, parmi les apiculteurs familiaux, et un adhérent qui exploite 800 ruches parmi les apiculteurs professionnels. La plupart de nos adhérents exploitent quelques dizaines de ruches pour les pluriactifs et 150 à 300 ruches pour les nombreux apiculteurs professionnels syndiqués chez nous. Notre syndicat de défense des apiculteurs et des abeilles est affilié à l'Union Nationale de l'Apiculture Française (UNAF), principale structure nationale de défense de l'apiculture et des apiculteurs...".

Dans les départements de l'Ardèche et de la Drôme, relativement protégés des pollutions, les apiculteurs enregistrent tout de même de lourdes pertes au niveau des colonies d'abeilles.

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Les responsables ? Les pesticides et les insecticides, qui se retrouvent concentrés dans les eaux stagnantes de ruissellement dans la nature, là où les abeilles vont s'approvisionner en février et mars pour confectionner la bouillie larvaire des larves, mais aussi les parasites importés d'Extrême Orient, comme le varroa, un acarien moche comme un pou, qui infeste les colonies d'abeilles depuis 1982, ou le terrible #frelon asiatique, qui fait désormais des ravages en Ardèche et en Drôme, suite à l'inaction de l'administration préfectorale. En Ardèche et en Drôme, une étude interne du syndicat "l'Abeille Ardéchoise et Drômoise", menée en 2016 auprès de 400 adhérents, montre que le frelon asiatique cause un énorme préjudice auprès des petits apiculteurs familiaux des deux départements (ceux qui possèdent moins de 50 ruches).

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De nombreux apiculteurs familiaux évaluent à 40 % la perte du cheptel d'abeilles liée aux "exactions" du frelon d'Asie, le fameux Vespa Velutina. De quoi filer le bourdon à tous les bergers des abeilles ! D'autant plus que le ministre de l'Agriculture a refusé le moindre euro à l'apiculture.

Frelon asiatique : que font les pouvoirs publics ?

Face à cette invasion, les apiculteurs Ardéchois ont trouvé un allié de poids avec le maire de La Voulte sur Rhône, Bernard Brottes, qui participait aux travaux des apiculteurs. Le maire Bernard Brottes, qui a déjà fait détruire, en temps réel, de nombreux nids de frelons asiatiques dans le secteur de La Voulte sur Rhône, s'est engagé auprès de ses collègues élus "dans une démarche de mutualisation pour l'achats d'équipements de destruction du frelon asiatique qui soient performants, en raison de la hauteur des nids" (souvent à plus de 20 mètres du sol dans les arbres). Si tous les maires ardéchois et drômois imitaient Bernard Brottes, les jours du frelon asiatique seraient comptés en Ardèche et les destructions de ruches des apiculteurs familiaux ne seraient plus qu'un mauvais souvenir.

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Le Président Francis Gruzelle a dit que l'engagement de Bernard Brottes "apporte un réconfort certain et une lueur d'espoir aux apiculteurs" et a fustigé le comportement du préfet de Région dans la gestion du frelon asiatique : "J'ai clairement expliqué les dangers pour les populations humaines et les abeilles, les préjudices causés à l'apiculture par le frelon asiatique, de vive vois et par écrit. Par courrier, le Préfet de Région m'a indiqué "Pour la protection des ruches d'abeilles domestiques, il convient de rappeler aux apiculteurs les mesures simples qui peuvent être mises en oeuvre afin de diminuer l'impact du frelon sur la destruction de la ruche : notamment ouvertures ne permettant pas l'accès des frelons, augmentation de la taille du ruche". Pour nourrir les frelons asiatiques. Désolant !".

Au-delà du préjudice économique qu'il représente pour la filière apicole, le frelon d'Asie est aussi une sérieuse "menace pour la biodiversité". La question du piégeage est particulièrement sensible. Les apiculteurs présents à l'assemblée générale ont évoqué la bonne vieille bouteille renversée dans laquelle on place un appât sucré et de l'alcool (pour repousser les abeilles), et qui s'avère très efficace en Ardèche et en Drôme. Mais, c'est un piège non sélectif, artisanal pour ainsi dire. Au niveau des affaires statutaires, les apiculteurs participant à l'assemblée générale ont réélu à l'unanimité deux administrateurs sortants, Francis Gruzelle (Annonay) et Patrice Mérillet (Antraigues). L'assemblée a élu, à l'unanimité trois nouveaux administrateurs : Michel Ardail (Vesseaux), Guy Og (Aubenas), Sian Wallace (Annonay). Michel Ardail et Guy Og remplacent André Laplanche (Carpentras) et Bernard Schoeffert (Saint Laurent du Pape) récemment décédés. Sian Wallace remplace la doyenne du conseil d'administration, Marie-Louise Sagnes (Lyas), qui souhaitait céder son fauteuil à une femme de préférence. A l'issue de l'assemblée générale et du vin d'honneur offert aux membres, le conseil d'administration s'est réuni et a renouvelé sa confiance à Francis Gruzelle, en qualité de président du syndicat.