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Mercredi 26 octobre 2017, des panneaux publicitaires peu ordinaires ont circulé devant les universités parisiennes. Si la pratique est de plus en plus courante, c'est bien le message que véhiculait la publicité en question qui a choqué les parisiens, en particulier les jeunes étudiantes. En effet, les affiches publicitaires tractées par une voiture vantaient les mérites d'un site de rencontre un peu spécial qui invite les étudiant(e)s sans le sou à sortir avec des "sugar daddy" (des hommes riches et d'âge mûr en quête de compagnie) pour renflouer leurs comptes. Le parquet de #Paris a ouvert une enquête hier pour proxénétisme aggravé.

Une publicité en faveur de la prostitution

Sur les affiches des camions qui circulaient aux alentours des universités parisiennes, le message est clair : "Hey les étudiant(e)s ! Romantique, passion, et de prêt étudiant. Sortez avec un Sugar Daddy, Sugar Mama".

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De cette manière, RichMeetBeautifult.fr, qui tente de se faire passer pour un site de rencontre ordinaire, frappe fort et sans tabou apparent. Seulement, personne n'est dupe, le site internet est spécialisé dans la mise en relation entre les "Sugar Babies", de jeunes étudiant(e)s qui cherchent un job pour payer leurs études, et les "Sugar Daddies" des hommes (ou des femmes) plus âgés qui les entretiennent. Clairement, RichMeetBeautifult.fr propose aux étudiants parisiens de se prostituer, moyennant une commission certaine pour le site. Si en France la prostitution est tolérée, le proxénétisme est néanmoins formellement prohibé.

Depuis mardi, les fameux panneaux publicitaires qui ont été aperçus devant plusieurs universités à Paris ont provoqué un véritable tollé. La publicité de mauvais goût a été signalée par les internautes qui ont exprimé leur indignation sur Twitter :

Cette démarche de la part des propriétaires du site RichMeetBeautifult.fr venus "racoler" devant les écoles, crée la polémique depuis le début de la semaine.

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Hélène Bidard, adjointe à la Mairie de Paris et chargée de l'égalité femmes-hommes a vivement réagi en saisissant le procureur "pour que la plateforme PHAROS ferme ce site et que ces pubs soient retirées."

Le véhicule arrêté par la police

Dès mercredi, la Mairie de Paris a saisi la justice pour demander des poursuites contre le site internet et sa publicité itinérante qui incite à la #Prostitution étudiante. Une plainte a également été déposée par l'université Paris-Descartes. Jeudi vers midi, l'affaire a été stoppée nette puisque le véhicule qui circulait sans autorisation préfectorale a été intercepté par les forces de l'ordre devant France Télévisions, puis emmené à la fourrière. Selon Clément Parrot, journaliste à France Info, "le chauffeur a présenté un permis de conduire hongrois et une feuille avec une liste de points dans Paris où sa société lui a demandé de stationner." Dans la même journée, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour proxénétisme aggravé.

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Cette publicité qui a pour "but d'inciter les jeunes étudiant(e)s en situation de précarité à accepter de se livrer à des actes sexuels avec des hommes plus âgées" selon la FAGE (Fédération des Associations Générales Étudiantes) qui a l'intention de porter plainte, a été confié à la Brigade de répression de proxénétisme.

Que risque la société qui gère le site RichMeetBeautifult.fr ?

Condamner un site de rencontre tendancieux n'est pas une mince affaire. Le site SugarDaddy.fr qui avait été épinglé en 2014 pour proxénétisme s'est vu rejeter sa plainte contre lui en l'absence de caractérisation de l'infraction. En effet, ces sites ne proposent pas clairement des actes de prostitution, mais plutôt de l''escorting qui n'implique pas obligatoirement d'actes sexuels. La loi est encore trop floue sur le sujet... #publicité