Nous avions le choix des armes en matière de terrain, de lieu et le public a répondu présent. On savait Federer diminué et nous avons, comme toujours, pensé que c'était là une occasion en or pour l'équipe de #France de gagner. La victoire de Monfils en trois sets contre le maître Federer nous a réconforté et a fait de notre pays le vainqueur putatif du dimanche 23 novembre 2014.

Patatras, nous avons perdu et nous reconnaissons notre défaite qui est surtout la victoire d'un stratège et d'un joueur habile et fort : Federer, un homme délicieux, courtois, quoiqu'en disent ses contempteurs. Federer vénéré, Federer jalousé, Federer haï, mais Federer glorifié.

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Il était blessé, la victoire de Gaël a confirmé les faits, compte-tenu de son comportement sur le terrain. En double Federer est redevenu Federer et en simple il a exécuté Gasquet. Il a manqué à l'équipe de France un leader et on nous explique que le leader Tsonga est arrivé à Lille avec une douleur au bras. Bigre.

Nos Français sont passés complètement à côté d'une finale que tout le peuple français attendait. Monfils dit qu'il est déçu. Ce n'est quand même pas suffisant comme explication. Et comme d'habitude, on a voulu, avant le match, opposer le numéro 2, Federer, et le numéro 4, Stan Wawrinka. Les raisons de la défaite de notre équipe sont à rechercher dans ce que nous sommes. Nous ne sommes pas un pays pour lequel le sport est un acte fondateur de cohésion sociale. Nous faisons du sport, nous avons des élites sportives de très haut niveau par mimétisme et par adaptation aux contraintes de la réalité sportive.

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Nous avons des sportifs de très haut niveau dans tous les domaines. Les larmes de Federer sont absolument sublimes et fortes. A 33 ans, le papy Federer a montré qu'il y avait un très écart de jeu entre la #Suisse et la France. Il y a dans l'équipe de France des joueurs limités techniquement, mais on nous fait croire qu'ils sont bons alors qu'ils ne le sont pas. Il faut rebâtir l'équipe de France, il faut que cette équipe qui a perdu se remette en cause même si les joueurs vieillissent. La défaite est sévère.

Concernant cette Coupe Davis, il faut quand même rappeler que nous avons vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Le choix des armes (terrain, lieu) a pu faire croire que nous avions déjà gagné la Coupe Davis avant de l'avoir jouée. Il y a eu de l'intox dans les deux camps avant le match et les médias de notre pays ont fait croire que c'était déjà fait avant de livrer bataille. Nous sommes ainsi faits, Français que nous sommes, gouailleurs et bavards avant les combats. Nous manquons d'humilité, nous nous auto-célébrons, nous avons des capacités réelles mais nous ne savons pas méthodiquement les organiser.

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C'est vrai dans le #Tennis, mais c'est aussi vrai dans d'autres domaines, économiques pour ne pas les citer.

Il faut reconnaitre et le dire définitivement : Tsonga est psychologiquement faible malgré ses grandes qualités physiques. Gaël Monfils est un guerrier, mais un guerrier du moment, c'est-à-dire limité. Gasquet est un joueur normal.

Je ne suis pas en train de charger nos idoles tennistiques, mais j'essaie de comprendre pourquoi, depuis Yannick Noah, aucun joueur français n'a pas réussi à remporter Roland Garros. La génération Tsonga, Monfils va partir, une autre génération tennistique va arriver. Il faut construire autour de celle-ci de façon méthodique et stratégique. Il ne s'agit pas simplement de jouer au tennis mais de gagner. Nos joueurs français se contentent de reprendre la célèbre phrase de Coubertin « L'essentiel est de participer » alors que la réalité de la concurrence sportive nécessite la victoire afin d'être porté au Panthéon des sportifs idolâtrés. Il faut savoir ce que l'on veut dans notre pays : soit on considère que le sport est un bienfait pour l'esprit et le physique, dont acte, soit on estime qu'il faut créer les conditions maximales pour que nos jeunes soient les meilleurs. Il y a une espèce de contradiction entre le discours sur le sport, la pratique de celui-ci et les résultats obtenus.

L'équipe de France de Coupe Davis a perdu parce qu'elle n'était pas au niveau. Ne nous voilons pas la face. Roger Federer, qui a tout gagné depuis ce soir, aurait pu dire à tous et à toutes qu'il arrêtait sa carrière, il continue. Noah, après avoir gagné Roland Garros et être classé 3ième au classement mondial des joueurs professionnels de tennis, a rapidement quitté les courts pour faire la musique. Federer, lui, est toujours là et en tant que vieux taulier il montre l'exemple et, comme toujours en France, nous sommes friands de petites histoires : des journaux ont essayé d'opposer Stan Wawrinka à Roger Federer. Nous, Français, sommes ainsi faits, incapables sur les courts de tennis, mais meilleurs dans la critique et dans le recherche de la petite bête dans le sens le plus vulgaire. Nous sommes bavards, c'est une qualité pernicieuse qui ne nous permet pas d'être efficace sur le terrain.

La Suisse, petit pays, n'a rien e à envier à la France qui a déjà gagné 9 fois la Coupe Davis. Comme le dit Stan Wawrinka, les Français ont trop parlé avant la finale alors qu'eux se préparaient méthodiquement sur les courts. Le résultat est implacable : la raquette suisse a parlé sur le terrain avec une victoire sans appel (3 contre 1 en faveur de la Suisse) alors que la raquette française continue de parler mais en se plaignant et en essayant de trouver des raisons heureuses à la défaite du clan français.

Une chose est sûre après cette défaite du clan français, et cela dans tous les domaines de notre société : soyons moins bavards, travaillons plus efficacement et de manière humble. Une fois les résultats obtenus, nous pouvons retrouver ce qui nous caractérise le mieux : le chant du coq gaulois.

BN