Du haut de ses 2m16, Rudy Gobert ne passe pas inaperçu sur les parquets. Et quand il défend, son envergure en impressionne plus d'un. Même Sa Majesté Kobe Bryant en a fait les frais, en octobre dernier, sur un contre magistral de l'ancien Choletais. Il infligera le même sort au « King » LeBron James, quelques semaines plus tard. Excusez du peu. Petit à petit, le « double-mètre » tricolore fait son trou sous la tunique des Utah Jazz. Pourtant, son année « rookie » laissait difficilement entrevoir une telle issue. Cantonné à quelques bouts de matches, Rudy Gobert n'a pas lâché et a continué de travailler dans son coin. Un travail qui paye souvent Outre-Atlantique.

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Résultat : depuis la reprise de la NBA, son temps de jeu a quasiment doublé, passant de neuf minutes durant l'exercice précédent à 16 minutes par rencontre. Ses lignes de statistiques ont également enregistré quelques soubresauts. Le 21 novembre, il compilait 12 points contre Golden State, son record en carrière pour l'instant et ajoutait au passage cinq rebonds, deux interceptions et deux contres à sa performance du jour ! Le tout en 17 minutes de jeu. Un rendement qu'il confirme semaine après semaine et un impact sur le jeu de sa franchise qu'il accroît de plus en plus.

Le respect de ses équipiers

Forcément, avec de telles performances, l'intérieur français attire la lumière. Et même s'il demeure remplaçant au pays des Mormons, derrière le Turc Enes Kanter, ses partenaires ne tarissent pas d'éloges à son égard, à l'image du joueur majeur des Jazz, Gordon Hayward, après la courte défaite, lundi dernier, contre Denver : « Rudy a très bien joué ce soir. Il a pris des rebonds offensifs, et défensivement, il a été excellent ».

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Confiance de ses camarades de jeu. Confiance de son coach, notamment sur les phases défensives. L'adaptation de Rudy Gobert au championnat américain est déjà une réussite. Pas toujours évident pour un joueur élevé au basket européen…

Les bienfaits de la Coupe du monde

Mais dans cette progression, son passage, cet été, par la case équipe de France ne doit pas être évincé. Médaillé de bronze avec les Bleus, en Espagne, l'ancien pensionnaire de Pro A en a profité pour emmagasiner de la confiance et évoluer aux côtés des Boris Diaw et autre Nicolas Batum et sous la houlette du sélectionneur Vincent Collet. Sa performance, en quart-de-finale, contre l'Espagne (avec notamment 13 rebonds captés) avait permis aux siens de se hisser dans le dernier carré, à la surprise générale ! Durant la rencontre, il avait tout bonnement mis sous l'éteignoir les frères Gasol, avec son compère de la raquette, Joffrey Lauvergne, imposant sa silhouette renforcée par les heures d'entraînement engrangées depuis son arrivée en NBA.

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Il n'en fallait pas plus pour que la direction du Jazz flaire définitivement le bon coup et décide récemment de prolonger son contrat jusqu'en 2016. Rudy Gobert va donc poursuivre son travail de sape dans l'Utah, au sein d'une franchise où les titres ne se bousculeront pas forcément au portillon mais qui lui laissera le temps de poursuivre son apprentissage, en toute sérénité. N'est-ce pas là le plus important finalement ?