C'est dans tout juste trois mois que le championnat américain de #Football reprend ses droits. De l'autre côté de l'Atlantique, on s'extasie déjà à l'idée du futur derby de la Big Apple qui s'annonce électrique. Le déjà bien installé New York Red Bull (l'ancien club de Thierry Henry) sera mis en concurrence avec le tout nouveau club de la ville, le New York City FC. Un temps annoncé, le NY Cosmos (l'ancien club de Pelé), remis sur les rails il y a cinq ans, n'aura pas le privilège de jouer en MLS. Une terrible nouvelle pour les investisseurs. Car dans un derby, plus que l'aspect financier, c'est une ferveur toute particulière qui s'empare de la ville.

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On s'extasie à Londres devant un Arsenal-Chelsea ou un West Ham-Fulham, à Madrid pour le Real ou l'Atletico, à San Siro vêtu de rouge ou de bleu et bientôt à Los Angeles*. Pendant ce temps-là, en Ligue 1, le Paris-Saint-Germain fait cavalier seul.

Le PSG n'est pas représentatif de la population parisienne

Tous les étés, des étudiants fraîchement diplômés affluent de province vers Paris pour trouver du travail. Pendant ce temps-là, les footballeurs professionnels font le chemin inverse. Un exode pas si difficile à comprendre. Le bassin parisien, fort de ses douze millions d'habitants, ne compte qu'un grand club en première division : le PSG. Et les joueurs formés au club ne réussissent pas à s'imposer dans l'effectif parisien aux côtés des stars, Ibrahimovic, Pastore et Thiago Motta pour ne citer qu'eux.

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Une politique qatarie simple mais efficace : acheter des grands joueurs à prix d'or au lieu de former des jeunes sur du long terme. Alors, Mamadou Sakho et Youssouf Mulumbu ont préféré partir outre-manche, respectivement à Liverpool et West Bromwich. Kantari et Landre, deux joueurs formés au Camps des Loges, forment l'axe défensif lensois et Barrada et Dja Djedje jouent le titre avec l'ennemi marseillais. Seuls Chantôme, Rabiot, Bahebeck et le troisième gardien Mike Maignan sont restés au club, plus pour des raisons administratives (l'obligation par la LFP et l'UEFA de coucher sur les listes des joueurs formés au club) que footballistiques. Formés à couper des citrons… les titis parisiens méritent mieux !

Deux clubs historiques se rapprochent de l'élite

Quand on voit comment les instances du football français manigancent à tout va les accessions et les rétrogradations d'une division à une autre (ex : le cas Luzenac), on ne se fait guère de soucis pour l'arrivée d'un deuxième club parisien dans l'élite.

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Mais la capitale n'aura peut-être pas besoin d'un coup de pouce de la Ligue de Football Professionnel. En effet, deux clubs historiques sont en train de se refaire une belle santé. Il s'agit du Paris FC et du Red Star, respectivement premier et troisième du National et candidats déclarés à la montée en Ligue 2 dans un premier temps, puis en Ligue 1 sur du plus long terme (et si le budget le permet). Du côté du PSG, la nouvelle ne fait pas vraiment sourire. Les dirigeants ont toujours clamé haut et fort leur ambition : être LE club unique de la ville. Ses symboles, la Tour Eiffel en logo et son chant racoleur "ici c'est Paris !", sont la preuve qu'il n'y a de place dans la capitale que pour un club. Car en face, le Paris FC dérange avec sa tour Eiffel collée sur le torse (eux aussi !) et depuis qu'un émir saoudien aurait sondé le club en vue d'un rachat. Mais chez les supporteurs du Paris FC, l'ambition n'est pas de devenir le PSG Bis. Ici, on affiche clairement son identité, le vrai Paris, le Paris intra-muros. Les supporters du PFC savent qu'ils viennent du treizième arrondissement et n'hésitent pas à rappeler que le Red Star c'est Saint-Ouen et que le PSG c'est Saint-Germain-en-Laye. Invitée régulièrement au Parc des Princes et lors des réceptions officielles, la mairie de Paris a toujours soutenu le projet ambitieux des qataris. Reste à savoir si madame Hidalgo se déplacera pour célébrer la montée du Paris FC !

Une réalité économique à prendre en compte

Paris est déjà prêt pour accueillir d'autres clubs dans l'élite. Le stade Charléty du Paris FC et ses 20 000 places est homologué. Le stade Bauer de Saint-Ouen (celui du Red Star) peut accueillir jusqu'à 10 000 spectateurs avec de légers aménagements. Et si la ligue veut faire la fine bouche, n'oublions pas que le Stade de France est disponible - le Red Star avait envisagé d'y jouer il y a une dizaine d'années - même si le club peinerait vraisemblablement à le remplir. On pourrait éventuellement envisager de délocaliser les rugbymen du Stade Français de Jean Bouin au Stade de France et les Audoniens de Bauer à Jean Bouin, à deux pas du Parc des Princes. Cette solution semble toutefois compromise. Le Red Star, club populaire, n'aurait aucune envie de jouer Porte de Saint Cloud et l'idée de rassembler à quelques mètres des supporteurs rivaux - jusqu'à quatre équipes en cas de matchs à domicile du PSG et du Red Star - n'est pas séduisante pour la Préfecture de Police. Du côté du PSG, l'arrivée d'un ou deux clubs rivaux dans l'élite s'accompagnerait forcément d'une perte de revenus, notamment en billetterie. En effet, les Parisiens pourraient se retrouver dans l'esprit plus populaire ou plus familial du PFC ou du Red Star. Des centaines de supporteurs bannis des tribunes du Parc des Princes avaient d'ailleurs assisté en septembre dernier au derby du National, comme pour faire comprendre aux qataris que le PSG peut perdre ses supporteurs. D'ailleurs, les jeunes parisiens préféreront sûrement mettre 20 euros pour insulter l'OM à Charléty que payer les 60/80 € du "clasico" au Parc des Princes. Ça tombe sous le sens !

*En 2017, les Los Angeles FC seront lancés en championnat avec l'envie de battre les Los Angeles Galaxy, quintuple champion de la ML.