C'est le grand jour pour les villes candidates à l'organisation des JO d'hiver de 2022 qui doivent remettre, ce matin, leurs dossiers au CIO. Pour cette édition ça ne se bouscule pas au portillon, seulement deux villes sont en compétition : Almaty (Kazakhstan) et Beijin (Chine). Oslo (Norvège) a décidé de retirer sa candidature en octobre dernier. On peut parler d'un "epic fail" pour les jeux d'hiver. C'est la première fois que les organisateurs sont confrontés à si peu de candidats. Pour les JO d'hiver de 2012, elles étaient neuf villes en liste.

Un gouffre économique

Une des premières raisons de ce désamour est clairement économique.

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A la fin de chaque JO c'est la même rengaine : combien les jeux ont réellement coûté à la ville ? Dernier exemple qui a explosé tous les compteurs : les JO de Sotchi qu'on a estimé à plus de 37 milliards d'euros. Si la Russie a voulu en mettre plein la vue, mission accomplie, les JO ont tout de même un prix que les villes ne sont plus prêtes à donner.

Les JO d'hiver : la fin d'un rêve ?

Ce matin, sur France Info, on évoquait aussi le désamour croissant pour les JO d'hiver. Certaines villes ont préféré soumettre l'opinion publique a un référendum pour être sur d'avoir son soutien. C'est le cas de Cracovie (Pologne) qui a dû renoncer à sa candidature après une franche opposition de la population (70% de non).

Encore une fois les motivations se croisent. Il y a d'abord le facteur économique, mais pas seulement.

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Les JO perdent en crédibilité en ce qui concerne la protection des droits de l'Homme. A Sotchi, les ONG s'étaient révoltées contre les violations à la liberté d'expression ou encore le travail forcé et la détention arbitraire, dans des conditions inhumaines, de travailleurs clandestins.

Résultat des courses, les villes en compétition n'appartiennent clairement pas à de grandes démocraties. Devons-nous donc vraiment nous opposer à cet événement au risque de le voir disparaître, ou pire de le laisser aux mains de régimes autoritaires ?

Le Comité International Olympique fait des réformes

Le CIO a pris conscience de ces pressions qui pèsent sur les JO. En décembre dernier, le comité olympique décidé que, sous certaines conditions, l'organisation des jeux pourrait se tenir dans deux villes ou deux pays différents. De nouveaux sports seront intégrés à la compétition.

Après les événements marquants de  2012 à Sotchi, le CIO a décidé de mettre un point d'honneur en validant la mesure 14 de l'Agenda recommandant "d'inclure la non-discrimination selon l'orientation sexuelle dans le sixième principe fondamental de l'Olympisme."

Il n'est jamais trop tard !