A moins d'une semaine de l'Open d'Australie, les maestros de la balle jaune sont déjà tous sur le pont, prêts à en découdre. Et pendant que les observateurs se demandent déjà qui de Djokovic, Federer, Nadal ou Murray va remporter le trophée, les organisateurs des petits tournois ATP s'activent pour proposer au public le meilleur tableau possible.

Un enjeu comptable avant tout !

L'Open d'Australie fait partie des quatre tournois du Grand Chelem avec Roland Garros, Wimbledon et Flushing Meadows (New York). En plus des gains faramineux engendrés par l'événement - 18 millions de dotation du côté de la Porte d'Auteuil -, le vainqueur de ces épreuves reçoit 2000 points supplémentaires à son classement ATP.

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S'ils sont moins prestigieux, les Masters 1000 donnent l'occasion au lauréat de remporter 1000 points, avec des matchs en deux sets gagnants seulement. On recense neuf tournois Masters 1000 avec notamment l'Open Paris Bercy.

Suivent ensuite les onze tournois ATP 500 qui rapportent 500 points. Enfin, en bas de l'échelle internationale, les quarante ATP 250 peuvent au moins se targuer de représenter plus de la moitié des tournois du circuit. C'est le noyau dur du #Tennis masculin avec des étapes françaises à Montpellier, Marseille, Nice et Metz. Malheureusement, ces petits tournois n'attirent pas souvent les grands noms du tennis mondial. Plus que les dotations, c'est le faible nombre de points récoltés (250) qui n'incite pas les joueurs à se déplacer. Pour information, Novak Djokovic, numéro 1 mondial, a dans sa besace plus de 10 000 points ATP.

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Les grands joueurs protégés par l'ATP

L'an dernier, le cas marseillais avait beaucoup fait parler de lui. Sur l'affiche de l'Open 13, on pouvait voir Wawrinka, Raonic, Monfils, Berdych, Gasquet et Tsonga. Une belle programmation ! Or, seuls les deux derniers se sont finalement déplacés. Si les trois premiers ont pu se retirer pour raison médicale, le Tchèque a fait jouer sa personal reason. L'ATP autorise un joueur à annuler sa présence à un tournoi sans justification jusqu'à deux fois dans une même saison. Forcément, les petits tournois en pâtissent.

Berdych a préféré faire l'impasse sur le tournoi phocéen à cause de ses bonnes performances la semaine précédant le tournoi. En clair, il n'avait aucun intérêt à enchaîner deux tournois d'affilés, tant d'un point de vue physique que par rapport à ses objectifs sur la saison. Les organisateurs font donc la grimace. D'autant qu'à Marseille, avec Tsonga et Gasquet, ce sont finalement Gulbis et Seppi qui complétaient le quatuor de têtes de série.

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Même si le Letton et l'Italien sont plaisants à voir jouer, pas sûr qu'ils justifient l'achat d'un ticket. Nos tournois hexagonaux se remplissent généralement grâce aux joueurs français qui s'alignent, plus par devoir patriotique que pour les points rapportés. Mais vendra-t-on encore des tickets pour l'Open 13 de Marseille quand cette génération (Gasquet, Tsonga, Simon, Monfils) aura raccroché ?

ATP 250 et ATP 500 réunis ?

Jean-François Caujolle, le directeur de l'Open 13 de Marseille, souhaiterait supprimer la dénomination ATP 500 et ATP 250. Il estime que le nombre de points reversés en tournoi devrait dépendre des dotations. Car comment se fait-il que Doha soit classé ATP 250 avec son 1,2 million de prize money tandis que Hambourg (ATP 500) offre 250 points de plus pour la même somme d'argent ? Et pourquoi Marseille et Metz offrent tous les deux le même nombre de points alors que les sudistes proposent 140 000 dollars supplémentaires ?

Aussi, Jean-François Caujolle entend bien supprimer la personal reason, véritable épée de Damoclès pour les organisateurs de petits tournois. Il espère une prise de conscience sur la difficulté de composer un tableau lorsqu'on organise un tournoi ATP 250 où la garantie de voir les grands joueurs débarquer n'est pas assurée. Qui plus est, les joueurs très bien classés ont l'obligation de participer à au moins quatre tournois ATP 500 sur les onze et à seulement deux tournois ATP 250 sur les quarante. Une aberration ! #Marseille sport