Le prochain dimanche se disputeront les championnats du monde de cyclo-cross à Tabor, en Tchéquie, avec un grand absent en la personne du régional de l'étape, Zdenek Stybar - triple champion - qui a décidé de ne plus rouler dans les labourés. Une course particulière pour un championnat tout aussi spécial, vu les péripéties de cette saison 2014-2015. Ces dernières ne furent pas négatives et débouchèrent plutôt sur une redistribution des cartes pour une augmentation, dans le bon sens, de l'animation des épreuves. En clair, les jeunes loups sont montés en puissance, tenant la dragée haute aux vieux briscards des sous-bois.

Certes, il y eu également, la retraite anticipée d'un certain Niels Albert, victime d'ennuis de santé ne permettant plus la pratique du sport de haut niveau. Les duels épiques Nys-Albert n'auront plus lieu, mais qu'à cela ne tienne, d'autres protagonistes ont montré le bout de leur nez, et pas seulement.

Un seul favori?

La saison '14-15 vaut donc par sa diversité des champions en présence. Si, par le passé, deux nations (Pays-Bas et #Belgique) se disputaient les lauriers, il n'en va plus tout à fait de même cette année. Certes, les lauréats proviennent toujours des mêmes pays, mais on s'accorde pour voir, ici et là, des individualités capables de prendre le meilleur sur une course d'un jour comme les Mondiaux. Difficile pour les "étrangers" de venir s'imposer sur des "grands" cross, comme la Coupe du Monde, le Super Prestige, le Trophée Bpost ou encore le Soudal.

Même si, en France, tout est fait pour garder dans l'Hexagone les champions, avec l'organisation de la Coupe de France, il faut bien reconnaître que les "gros bras" Français éprouvent bien des difficultés à se mesurer dans les épreuves belgo-néerlandaises, voire de l'UCI, comme la CDM. Pour compléter ceci, on comprend assez mal l'éviction du nouveau champion de France, Clément Lhotellerie, des Mondiaux. Il semble que ses résultats ne furent pas assez significatifs, lors des épreuves de la Coupe du Monde. Que dire alors de David Menut ?

Pour ce qui est des hommes pouvant revêtir le maillot irisé, dimanche soir à Tabor, un seul nom est sur toutes les lèvres: Mathieu Van Der Poel, le plus jeune des fils d'Adrie, champion du Monde en 1996 à Montreuil, après cinq places de second et une troisième. Cette fois, le "gamin" en est à sa... première saison professionnelle, et certains de ses cross furent encore disputés en Espoirs. Il fut encore en démonstration lors de la dernière manche de la Coupe du monde, chez lui aux Pays-Bas à Hoogerheide, arborant sa toute nouvelle tenue de champion national. Mathieu Van Der Poel devrait, sauf accident, devenir à 20 ans (né le 19 janvier 1995) un des plus jeunes champions du monde de la spécialité.

Mais qui pour contrer le batave ?

Un seul favori, ce n'est pas assez pour obtenir une belle course. Nous allons donc adjoindre des "vieux" et des "contemporains" à cette belle machine à rouler qu'est Mathieu. Ayant connu bien des difficultés sur et à côté du vélo, Sven Nys, la légende du cyclo-cross belge, devrait encore faire parler de lui. Pour beaucoup, le CanniBaal ne peut être et avoir été. Mais à notre avis il sera encore dans le coup, au moins pour le podium de Tabor à défaut du titre. Avec lui, les Pauwels, Meeusen, Peeters et Vantornout (si plus malades...) ou encore Francis Mourey devraient venir contrer les plans du jeune Néerlandais. Les Bina, Fontana ou encore Julien Taramarcaz auront aussi sans doute à cœur de faire parler la poudre.

Mais ces derniers devront aussi composer avec un certain Wout Van Aert, l'autre jeune qui monte, et qui fut bien déçu de ne pas vaincre au national d'Erpe-Mere. Il a décidé de participer avec les élites, tout comme Van Der Poel (alors qu'ils peuvent toujours concourir en Espoirs...), et cela n'est sans doute pas pour y faire de la figuration. On espère voir un grand championnat du Monde en République Tchèque, et voir monter sur la plus haute marche du podium le plus méritant, et non le coup de poker d'un "fantôme" comme ce fut le cas au national belge.

#Jeunesse