Voilà maintenant plusieurs années que la Premier League est le championnat de #Football le plus cher de la planète mais cette augmentation de l'ordre de 70% avec le précédent contrat laisse « admiratif » Christophe Lepetit, chargé d'études économiques au Centre de Droit et d'Économie du Sport de Limoges. « En comparaison à l'augmentation des droits français, certes intéressante, mais quand même bien inférieure. Ça laisse rêveur, déclare-t-il. Cela démontre toute sa puissance en terme de commercialisation des droits et sa qualité qui en fait un produit que les diffuseurs s'arrachent ».

Qui plus est, pour l'heure seuls les droits nationaux ont été négociés avec Sky et BT et il reste encore les droits internationaux qui devraient être un tout aussi juteux jackpot, vu la côte de popularité en Asie notamment.

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Et cela ne risque pas de s'arrêter après 2016-2019. « Ce qui est certain, c'est que le produit Premier League n'aura pas perdu en qualité par contre on sait très bien que les déterminants de la valeur des droits, c'est l'intensité de la concurrence sur le marché. Aujourd'hui elle est extrêmement forte, elle le sera potentiellement encore. Visiblement on arrive à des niveaux qui semblent atteindre la limite de ce que BT peut faire. L'alternative qui pourrait garantir ce niveau ou aller au delà, c'est qu'un nouvel entrant arrive sur le marché. On peut penser à Eurosport racheté par Discovery et dont le patron veut se positionner sur des droits Prenium. Avec la force de diffusion d'Eurosport, on peut avoir une concurrence encore très acharnée et potentiellement un montant de droits qui pourrait augmenter », analyse Christophe Lepetit.

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Cependant, il faudra bien arriver un jour à une limite, à un plafond, car « une fois les droits acquis, ce qui coute très cher aux diffuseurs c'est la production des images, l'éditorialisation. Mis bout à bout on arrive à des montants qui sont colossaux et qui vont sembler difficilement rentabilisables. Après, il y a des enjeux d'image et de prestige. J'ai coutume de dire qu'un produit vaut ce que les acheteurs sont capables de mettre... ». Les clubs de Première division anglaise ont tout de même de beaux jours devant eux car à ces droits TV s'additionnent toutes les recettes de sponsoring, de billetterie ou de merchandising. Ce sont les joueurs qui peuvent aussi avoir le sourire et l'économiste prédit, « une nouvelle fois le foot anglais va repartir sur une vague d'achat de joueurs et de stars internationales confirmées, avec des politiques salariales rehaussées. » Donc si moralement c'est contestable vu le contexte actuel, c'est une réalité, les clubs anglais risquent de glaner un bon nombre de trophées.