BLASTING NEWS. Pourquoi vous intéressez-vous à la situation des sportifs professionnels et de haut niveau ?

Thierry Braillard : Le sport de haut niveau ne se résume pas qu'au #Football professionnel. Quand vous avez certains médias qui sortent les dix plus gros salaires des sportifs français, ce n'est pas que ça un sportif professionnel ! Ils ne sont pas tous comme Zlatan Ibrahimovic. Sachez que sur les 250 « médaillables » à Rio, plus de la moitié vit en deçà du seuil de pauvreté. Je pense qu'il faut qu'on se rendre compte qu'épouser une carrière sportive, c'est accepter la précarité avec fatalité.

BLASTING NEWS. Que proposez-vous pour améliorer leurs conditions ?

Thierry Braillard : Il faut, tout d'abord, travailler sur un statut du sportif un peu comme celui de l'artiste.

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Que nos sportifs professionnels et de haut niveau jouissent du droit à une protection contractuelle et sociale. Comme le préconise le rapport, il faut recréer le double projet. C'est à dire amener une entreprise à accompagner le sportif durant sa carrière et lui proposer un contrat à l'issue de celle-ci. Tout le monde s'y retrouverait. C'est un mariage entre le sportif et l'entreprise.

BLASTING NEWS. Un mariage peut mal se terminer…

Thierry Braillard : S'ils se marient, ce n'est pas pour divorcer un an après. C'est un couple qui se crée. Et tout le monde est gagnant. Les entreprises profitent du statut à part d'un sportif de haut niveau. Elles ont compris que c'est un vecteur positif. Ça peut entraîner plus de cohésion avec les salariés. J'ai déjà vu des sportifs faire des conférences pour apprendre aux salariés comment être au top au moment de négocier.

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Et de l'autre côté, ces mêmes salariés suivent les résultats des sportifs.

BLASTING NEWS. Quels exemples avez-vous rencontré?

Thierry Braillard : Beaucoup de sportifs se retrouvent pris au piège à la fin de leur carrière. Ils n'ont pas préparé l'après. J'ai même vu de grands noms, que je ne citerai pas, se retrouver en difficulté. Ce que je constate, c'est que cette relation entreprise/sportif fonctionne. Par exemple, l'athlète Mélina Robert-Michon vient de signer pour une boîte d'événementiel. Ou encore Cécilia Berder, vice-championne du monde d'escrime au sabre. Elle vivait avec 980 euros de sa Fédération. Elle était en colocation pour 350 euros par mois. Il ne lui restait que 530 euros pour vivre. Aujourd'hui, elle a été embauchée par Radio France.

BLASTING NEWS. Pourquoi l'image du sportif professionnel est-elle brouillée ?

Thierry Braillard : Je ne pense pas qu'elle soit brouillée. Mais il est vrai que les gens ne se rendent pas compte de la situation.

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Ils voient la France gagner dans plusieurs disciplines. Il n'y a pas une seule semaine sans qu'on félicite un(e) champion(ne) du Monde ou d'Europe. Et cela cache la précarité de ces sportifs. Que ce soit pendant ou après leur carrière. Quand je rencontre des sportifs de haut-niveau, je peux vous assurer qu'il n'y a pas de Lamborghini ou de Ferrari. #Gouvernement