Le dopage, ce fléau du sport, gangrène tout sur son passage. Périodiquement on voit sortir un livre "révélation" sur tel ou tel sport ou athlète. La planète #Rugby va se trouver en ébullition avec le livre brûlot Rugby à charge, l'enquête choc, ouvrage du journaliste Pierre Ballester qui sortira le 5 mars et dont les extraits, déjà savamment distillés, ne laissent rien présager de bon pour le sport.  

En plein tournoi des 6 nations, la date serait-elle anodine ? Le joueur légendaire des All Blacks, Wayne Shelford, ancien capitaine des Blacks qui avaient pris une volée inattendue à Nantes en 1986 après avoir logiquement gagné le premier test-match, soupçonnait déjà les Français, à l'époque, d'être "améliorés". Il se souvient avoir vu "des regards étranges chez ses adversaires", raconte-t-il. Les Néo-zélandais avaient discrètement averti l'IRB (International Rugby Board). Ceux-ci après enquête avaient alerté le ministère des sports de la France, qui a saisi la FFR. À la suite de cela, les amphétamines ont été interdites dans le rugby.

Dans le livre, d'anciens médecins sportifs apportent leurs témoignages personnels sur leur vécu... Cet épisode des All Blacks remonte à près de vingt ans maintenant. Les contrôles antidopage devaient être moins fréquents, la liste des produits interdits moins longues aussi. Désormais, le rugby de haut niveau n'est plus un sport amateur. 

Le rugby professionnel reste très contrôlé mais le risque de dérive est toujours présent. Toujours le même dilemme. Entre la médecine sportive, destinée à amener l'athlète au meilleur de sa forme en vue des compétitions, et le dopage, la frontière est souvent assez peu visible. Les controverses sont nombreuses à ce sujet... Les joueurs du XV de France interrogés jurent leurs grands dieux qu'il n'y a pas de dopage, que ce serait quasiment impossible vu le nombre de contrôles et qu'il faudrait être fou pour faire cela. Laissons la présomption d'innocence jouer en leur faveur.  

Lance Armstrong niait, aussi, se doper. Fâcheux précédent. Il est vrai que le cyclisme avait besoin de faire du ménage, le nombre d'affaires révélées étant important. Il y a une compétition effrénée entre certains médecins sportifs, peu regardants, et la lutte anti dopage. Les premiers connaissent le "Vidal" par cœur, à la virgule près. Toujours à l'affut d'une nouvelle molécule "amélioratrice" que l'on détourne de son objet initial ou dont on va se servir pour masquer d'autres produits. 

Les seconds qui ont souvent un temps de retard, forcément, pour contrer les nouvelles trouvailles et les mettre en échec. Mais un accord entre le comité mondial anti dopage et l'industrie pharmaceutique devrait permettre au comité de connaitre les nouvelles molécules, avant la mise sur le marché. Cela fera gagner du temps. Les contrôles inopinés, ceux en période de non compétitions, font maintenant planer un danger permanent sur les fraudeurs. Les sanctions pleuvent facilement pour le non respect des procédures. La lutte anti dopage a beaucoup progressé. Le dopage, à grande échelle en sport collectif, est-il imaginable et réalisable aujourd'hui ? Il y aura toujours des brebis galeuses, mais probablement plus en sport individuel ; l'athlétisme est très exposé. 

La pratique du dopage remonte aux premières compétitions sportives. Lors des jeux olympiques antiques, l'alcool était interdite, à l'entrée du stade un juge reniflait l'haleine des coureurs !  

Quel est le but de ce livre ? Son auteur avait déjà participé à la chute de Lance Armstrong ! En sera-t-il de même pour le rugby ? Nous le verrons bien à la sortie du livre. A l'aube de la coupe du monde, il serait réconfortant d'avoir une équipe solide et naturelle...