Passés sélectionneurs depuis, les deux capitaines ayant guidé leur équipe en finale de coupe du monde un certain 12 juillet 1998 se retrouvent sur les lieux du crime, 17 ans après. Outre un curriculum semblable, leur poste sur le terrain ou leur style de jeu rugueux, nos deux tacleurs fous partagent une certaine vision du #Football, offensive. Véritable ligne de conduite pour le Deschamps entraineur, cette philosophie provient d'une conversion plus récente pour Dunga. Destin croisés.

Du brassard au banc

Capitaines vainqueurs du trophée continental et mondial en sélection, les deux actuels patrons du football français et brésilien se démarquent par leur capacité à mener les hommes.

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Pas pour rien qu'on leur a confié les rênes de leur équipe nationale respective. Mais Deschamps-Dunga c'est d'abord une histoire de milieux défensifs, à l'ancienne... Rugueux, tacleurs, combatifs et pas techniques pour un sou. Le premier passait son temps le cul par terre et se distinguait par son amour de la passe à trois mètres. Le second, guerrier dans l'âme, le visage taillé au couteau, symbolisait le ugly style de la sélection brésilienne version nineties : la moins élégante de toute l'histoire auriverde.

Etonnant donc de les entendre aujourd'hui prôner un football léché, offensif, rapide. De les voir sélectionner des joueurs techniques et créatifs, qu'ils auraient eux-mêmes probablement séché d'un tacle à la gorge bien senti, Dunga le premier. Les temps changent, les hommes aussi.

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Le convaincu et le converti

Pour Deschamps cette philosophie relève de la conviction, et cela en dépit du penchant rigide de son apprentissage au pays du catenaccio. Depuis sa première expérience à de coach à Monaco, l'Ariègeois sans lèvres instille à ses ouailles la culture du beau jeu. A croire que son style en tant que joueur n'était dû qu'à de frustrantes carences techniques. A une discipline exemplaires et à la présence de Zizou devant lui opposeront ses avocats. Toujours est-il que le successeur d'un Laurent Blanc en charge du "redressement productif" de nos Bleus, a su faire aimer à ses détracteurs d'hier une équipe de France désormais flamboyante. En témoigne l'engouement autour de son parcours en juin dernier. L'ex-numéro sept tricolore se permet même aujourd'hui de lancer dans le grand bain de jeune feu-follets au petit gabarit à l'image d'Antoine Griezmann ou Rémi Cabella, en attendant Nabil Fekir.

Dunga de son côté ne peut se targuer d'une telle schizophrénie entre son passé de joueur et ses paradigmes d'entraîneur.

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Sa première expérience à la tête de la sélection aux cinq étoiles -de 2006 à 2010- fut ainsi marqué par le retour de ce que certains observateurs avaient nommé au début des années 90 "l'ère Dunga". Un style fade, défensif : du Mourinho des grands soirs en somme. Une rhétorique qui le conduit a écarter quelques joyaux de technicité comme Ronaldinho ou un Ronaldo, certes vieillissant, mais toujours buteur. Cette stratégie vaut néanmoins quelques lauriers aux auriverdes, dont la victoire en Copa America en 2007.

L'agueusie ne serait cependant que passagère. Rappelé à la suite du désastre national de juin dernier, Dunga semble aujourd'hui suivre la même recette que "la Desch" pour reconquérir le cœur des supporters. Jeu rapide monté en neige par quelques individualités hors du commun, une bonne louche d'inspiration et un soupçon de réussite... Laissez prendre quelques semaines et obtenez six victoires en autant de rencontres : c'est le bilan du nouveau Dunga. Lequel déclarait en conférence de presse d'avant match vouloir mettre l'accent sur "l'essence du jeu brésilien, qui est le dribble, la créativité". Les temps changent on vous dit.