Mardi 8 juillet 2014, Belo Horizonte, au Brésil. C'est l'ensemble du pays et des espoirs suscités qui s'effondrent en l'espace de trente minutes. La Seleçao qui affronte ce soir-là l'irrésistible équipe d'Allemagne entrevoit encore le doux rêve de remporter son mondial. Sans Neymar, blessé, et le capitaine Thiago Silva, suspendu, le rêve vire au cauchemar dès la 11e minute et l'ouverture du score de Thomas Müller. Les buts pleuvent sur la cage de Julio César qui en encaisse quatre autres avant la demi-heure de jeu. Les larmes coulent sur les joues de 200 millions de brésiliens. Leur équipe nationale s'incline sur un cinglant 7-1 qui restera dans les mémoire de tous.

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Plus encore que la terrible finale perdue face à l'Uruguay en 1950.

Prime à la défense

Les mois ont passé mais le traumatisme est resté. Luiz Felipe Scolari, sélectionneur d'alors a laissé sa place au pragmatique Carlos Dunga, déjà sélectionneur durant quatre années (2006-2010). Il lui a fallu remotiver les troupes et redonner un style de jeu à une patrie qui a tant fait rêver les fans de #Football au cours des décennies passées. En ce qui concerne le dernier point, ne comptez pas sur Dunga pour ressusciter le fameux Joga Bonito.

Il a décidé de reconstruire l'équipe à son image en s'appuyant avant tout sur une certaine solidité défensive arguant que « chaque entraineur organise les choses en solidifiant la base arrière » prenant pour exemple l'Allemagne qui « a toujours été organisée. » Une philosophie bien assimilée et appliquée par ses joueurs sur le terrain.

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Depuis la Coupe du Monde 2014, le Brésil a remporté ses six matchs disputés en ayant inscrit seize buts pour un seul encaissé (face à l'Autriche, 2-1). Car oui, pour le capitaine de la Seleçao, championne du monde 1994, l'attaque fait gagner des matchs mais la défense fait remporter des championnats.

Si le brassard a quitté le bras de Thiago Silva pour celui du prodige Neymar, le joueur du Paris Saint-Germain reste l'homme de base du secteur défensif avec David Luiz. Ce dernier sera absent pour cause de blessure et probablement remplacé par Miranda. Une complémentarité peu évidente qui pourrait mettre à mal la stabilité de l'arrière-garde et profiter à Karim Benzema et ses partenaires d'attaque.

Malgré sa forme étincelante, le latéral gauche Marcelo n'est plus vraiment le choix numéro un de Dunga qui lui préfère Filipe Luis, simple remplaçant à Chelsea mais plus discipliné. Idem de l'autre côté où Daniel Alves n'est plus qu'un lointain souvenir au profit de Danilo, excellent au FC Porto.

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La paire de milieux récupérateurs qui devrait être composée de Luiz Gustavo (Wolfsburg) et de Fernandinho (Manchester City) est complémentaire et offre de vraies garanties. Le premier, bon techniquement et intéressant quand il s'agit de gratter des ballons, constitue la parfaite sentinelle pour ce Brésil-là quand le deuxième aime se projeter et amener le surnombre en phase offensive.

Une attaque pas en reste

Si la solidité défensive est de mise, qu'en est-il donc du secteur offensif qui a vu défiler les meilleurs créateurs, dribbleurs, de l'élite mondiale ? Que les esthètes se rassurent, la tradition se perpétue bien qu'il semble y avoir des manques tant qualitatifs que quantitatifs.

Si, évidemment, le barcelonais Neymar (60 sélections, 42 buts) est la tête d'affiche de cette équipe, il n'en reste pas moins que la composition qui devrait être alignée au Stade de France est alléchante. S'il reste une incertitude quant au poste d'attaquant de pointe (Firmino ? Luiz Adriano ?), on sait que Willian occupera le flanc droit et Oscar le poste de meneur de jeu. Les deux coéquipiers à Chelsea, très doués balle au pied, auront à la fois la charge d'assister Neymar en attaque et d'effectuer le repli défensif comme ils savent si bien le faire en club. Chose qui pourrait poser bien des problèmes à l'équipe de France. Des joueurs de grand talent, polyvalents et qui ont à coeur de s'assurer une place de titulaire dans l'équipe à quelques mois seulement de la Copa America, le grand rendez-vous sud-américain.

Ce France-Brésil se présente donc comme une affiche opposant deux équipes à la fois solides défensivement et se projetant très vite vers l'avant avec des joueurs capables de l'exploit individuel de part et d'autre. Match ouvert ou partie d'échecs ? Difficile à dire tant cette confrontation a une saveur particulière et n'a souvent rien d'amical. Encore plus aujourd'hui où la Seleçao s'appuie sur une envie énorme de se faire pardonner par son public et de refermer une cicatrice encore bien douloureuse.

Les compositions probables

France (4-3-3) : Mandanda - Sagna, Varane, Sakho, Evra - Schneiderlin, Matuidi, Sissoko - Valbuena, Benzema, Griezmann.

Brésil (4-2-3-1) : Jefferson - Danilo, Thiago Silva, Miranda, Filipe Luis - Fernandinho, Luiz Gustavo - Willian, Oscar, Neymar - Firmino (ou Luiz Adriano)