Le Comité exécutif de la Fédération Internationale de #Football Association (FIFA), réuni depuis ce jeudi à Zurich en Suisse, a officialisé la date de la finale de la Coupe du Monde 2022 qui se déroulera au Qatar. Et pour la première fois, la grand messe du football se déroulera en fin d'année, compte tenu des températures élevées enregistrées l'été dans l'émirat du Moyen-Orient. Ce jeudi, Walter de Gregorio, directeur de la communication de la Fifa, a confirmé que "la finale aurait lieu le dimanche 18 décembre, jour de la fête nationale au Qatar", sur le "principe d'un tournoi de 28 jours". La compétition devrait donc commencer le 21 novembre, même si des discussions avec les différentes fédérations sont encore en cours.

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Une décision saluée par le Président de l'UEFA, Michel Platini, pour qui le 18 décembre est "une bonne date pour la finale. Peut-être que le 23 décembre aurait été trop tard pour que les fans puissent rentrer chez eux pour le 24 décembre. Le 18 décembre est bien pour l'UEFA, nous pouvons nous accommoder des changements à la Ligue des champions". Traditionnellement, un mondial se déroule sur un mois, généralement de la mi-juin à la mi-juillet. Au Qatar, cela aurait impliqué de jouer sous un soleil de plomb, avec des températures dépassant régulièrement les 40°C, et occasionnant de réels dangers pour les organismes des professionnels du ballon rond. Et si les organisateurs avaient prévu la construction de stades couverts et climatisés, la question serait vraisemblablement restée sans réponse pour les terrains d'entraînement, sans compter l'insupportable chaleur pour les supporters.

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Avec l'entérinement d'une compétition programmée sur les mois de novembre et de décembre, les températures descendent à une moyenne de 20°C, soit quelques degrés de moins qu'à Rio de Janeiro, où s'est déroulée la finale du mondial brésilien l'an dernier.



 

Calendrier modifié, quel impact ?



Ce bouleversement du calendrier n'est pas sans incidences pour la plupart des championnats, en Europe et sur le reste de la planète foot. Les principaux adversaires d'une coupe du monde hivernale sont montés au créneau ces derniers mois, estimant qu'interrompre les ligues nationales pendant près de deux mois (il faut au moins compter trois semaines de préparation et quatre de compétition) aurait un impact important sur plusieurs plans. Entre novembre et décembre, les clubs, européens notamment, jouent habituellement une dizaine de matches (championnat, coupes nationale et continentale) pour lesquels il faudra trouver de nouvelles dates : en moyenne, les clubs français disputent pendant cette période neuf rencontres, contre dix en Angleterre, onze en Allemagne, six en Argentine, ou encore sept au Brésil et en Algérie.

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Autre problème, l'inestimable manque à gagner pour ces patries du football : cette pause forcée en plein milieu du calendrier habituel pourrait fausser les grands championnats, et les rendre moins attractifs auprès des diffuseurs. Les petits championnats, qui de leur côté ne s'arrêteront pas pendant la Coupe du Monde, pâtiront inévitablement de la concurrence médiatique de la plus prestigieuse des compétitions. Les géants du football mondial, qui privilégiaient le report du tournoi en mai (25 à 30°C en moyenne au Qatar, mais problème de calendrier avec le ramadan) comptent donc demander des compensations financières. Karl-Heinz Rummenigge, président du conseil d'administration du Bayern Munich, déclarait récemment : "On ne peut pas attendre des clubs européens et des championnats qu'ils supportent les coûts liés à un tel bouleversement du calendrier. Nous attendons que les clubs soient dédommagés des conséquences si une telle décision venait à être prise". Même son du cloche du côté du président de l'Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas : "On a déjà discuté pour les compétitions européennes avec Michel Platini et obtenu les mêmes choses que celles qu'on réclame auprès de la FIFA, c'est-à-dire des dédommagements pour la participation des joueurs, donc je pense que si les choses devaient rester en l'état, on verrait une réaction virulente de l'ECA (Association des Clubs Européens)", affirmait-il en février dernier. Chaque club qui alimente une équipe nationale pourrait ainsi bénéficier d'un dédommagement par joueur de la part de la FIFA. Le montant généralement reversé pourrait être triplé pour passer à un peu moins de 7 000 euros par jour passé au mondial. Néanmoins, en février dernier, le secrétaire général de la Fifa Jérôme Valcke annonçait qu'il n'y aurait "pas de compensation financière" et qu'il y avait "sept ans pour s'organiser". Le championnat anglais de son côté, devrait pouvoir conserver son célèbre Boxing Day (les matches de championnats sont disputés le lendemain de Noël).



 

Un mondial en hiver, un promesse de beau jeu ?



Si une grande majorité des acteurs de la planète foot a vivement critiqué cette modification du calendrier, d'autres ont au contraire pointé du doigt les bénéfices à tirer de l'organisation de la Coupe du Monde en hiver. C'est notamment le cas de Michel Platini, qui a souligné sur la chaîne anglaise Sky Sports le fait que "les joueurs arriveront au mondial en bonne condition physique, et normalement, nous aurons un meilleur football en décembre qu'en juin". Un avis partagé sur la BBC par l'ancien joueur de Manchester United et ancien international anglais Phil Neville : "En général, on arrive à la Coupe du Monde après neuf mois de compétition très difficiles. les joueurs sont sur les rotules. Pour la sélection anglaise, c'est peut-être la meilleure chose qui puisse arriver. Cela fait des années que nous réclamons une trêve hivernale. Peut-être que cela nous donnera une grande chance de remporter la Coupe du Monde". À titre d'exemple, les milieux de terrain français Blaise Matuidi et Paul Pogba sont arrivés au Brésil après une saison 2013-2014 où ils avaient disputé une soixantaine de matches. La Coupe du Monde en hiver sera peut-être l'occasion de voir les futures pépites du football français débarquer au Qatae au meilleur de leur forme, quelques mois après le début de la saison.