9 mai 1998. Dernière journée du championnat de France de 1ère Division. Le RC Lens est en tête du classement mais une défaite à Auxerre contre Lyon combinée à un succès des Messins, emmenés à l'époque par un certain Robert Pirès, et tout s'écroule pour les « Sang et Or. » Au final, ils arrachent le nul dans l'Yonne (1-1) tandis que les Lorrains faisaient le « job » dans leur antre (1-0). Insuffisant malheureusement (68 points chacun mais une meilleure différence de buts pour Lens). Le Racing peut savourer. Mais l'histoire retiendra le « mano a mano » que les deux équipes se sont livrées tout au long de la saison, laissant le reste du peloton à neuf longueurs minimum.

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Une époque clairement révolue.

Aujourd'hui, les deux compères sont de nouveau à égalité (22 unités) mais dans les bas-fonds de la Ligue 1. Pire, Messins et Lensois paraissent définitivement largués dans la course au maintien puisqu'ils affichent sept unités de retard sur Évian-TG, premier club hors de la zone rouge et qui compte un match en retard... L'historique des chiffres ne va pas non plus dans le sens des deux cancres. Aucune formation avec un tel nombre de points glanés en 27 journées ne s'est sauvée dans toute l'histoire de la compétition…

Plus d'espoir à Lens qu'à Metz ?

Pour expliquer cette fâcheuse similitude au classement, les raisons sont pourtant très diverses. Metz n'a pas digéré le départ de sa pépite offensive, Diafra Sakho, et son remplaçant Modibo Maïga a surtout brillé par ses absences à l'entraînement… Le onze mosellan reste sur une série dramatique de 15 rencontres sans la moindre trace de succès (quatre nuls et 11 revers) et sa dernière prestation contre l'ETG (défaite 1-2), qui plus est à domicile, était tout bonnement sans relief.

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Malgré tout, après cet énième échec, staff et joueurs continuaient de positiver comme le relatait L'Equipe du 2 mars: « nous nous sommes quand même créé quelques occasions. Tout est encore possible » selon l'entraîneur Albert Cartier. Un discours de façade qui tranche avec une situation terriblement alarmiste. D'autant que des rendez-vous face à Saint-Étienne, Bordeaux et surtout Marseille et Paris se profilent pour le FC Metz, dans les semaines à venir. Ou quand un simple maintien vire à l'utopie…

Le RC Lens, lui, conserve quelques raisons d'y croire : un jeu moins indigent, un effectif plus talentueux et un coach qui sait remuer ses troupes. Toutefois, la réussite même la plus minimaliste fuit les joueurs artésiens. À l'image de leur ultime sortie face à Rennes (défaite 0-1), où les Bretons ont scoré sur quasiment leur seul tir cadré du match ! Et lorsqu'on jette un œil aux stats lensoises, le constat est tragique : 55% de possession de balle, 13 tirs contre 8 aux Rennais et surtout 39 centres pour seulement 9 de la part de leurs adversaires du jour ! Bref, le Racing joue de malchance.

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Une rengaine qui plane depuis l'été dernier et les multiples rebondissements juridiques concernant la montée en L1. Entre l'interdiction de recrutement et la solution de replis qu'est le stade de la Licorne, à Amiens, pendant la réfection du Stade Bollaert, l'entité artésienne partait déjà avec de sacrés bâtons dans les roues. Néanmoins, la jeune garde « Sang et Or » a fait bonne figure quelques mois, avant de s'essouffler. À force de tirer sur la corde, certains sont au bout du rouleau. De plus, personne ne sait où le club se situera la saison prochaine. À l'étage inférieur certainement, si ce n'est plus bas… Toujours dans L'Equipe du 3 mars, le président Gervais Martel a envoyé un message fort à l'actionnaire principal, Hafiz Mammadov, lui demandant de « passer aux actes » afin de verser les millions d'euros qu'il avait promis au Racing, pour terminer l'exercice en cours. Mais Martel n'a pas exclu une vente du club reconnaissant des contacts pour une éventuelle reprise. Un repreneur qui ne sera pas le sulfureux homme d'affaires belge, Roland Duchâtelet, déjà propriétaire du Standard de Liège et de Charlton en Angleterre : « il y a bien eu un contact cet hiver » dixit Martel « mais c'était pour un joueur. » Fin de la parenthèse. Enfin, les partisans du dépôt de bilan ne risquent pas de convaincre le patron lensois : « ce serait de la folie. » Un point de vue compréhensible lorsqu'on voit l'état des clubs français qui ont choisi cette solution par le passé (Strasbourg, Grenoble, Le Mans…).

En l'espace de 17 ans, Lens et Metz sont passés d'un extrême à l'autre de la Ligue 1. 17 années déjà entrecoupées de relégations et de remontées dans l'élite. Mais que les soirées Ligue des Champions (surtout pour Lens) semblent loin en dépit d'une cote de sympathie quasiment intacte pour ces deux monuments en péril, du #Football français. Une bien maigre consolation.