Lundi soir, Marion Bartoli a tweeté -à l'attention de ses fans- une question simple, mais lourde de sens: "Coming back or not coming back to #Tennis? What do you think? Should I? Donnez moi votre avis, retour ou pas au tennis". Sans doute louable, cette volonté de revenir sur les courts, et reprendre sa carrière tennistique. Néanmoins, on peut se poser quelques questions. Pourquoi maintenant après 18 mois d'inactivité dans les compétitions de haut niveau? Certes, d'autres avant la Française ont également effectué des retours, avec des fortunes diverses, et généralement cela ne se passe pas très bien. On peut parler des Belges Justine Henin et Kim Clijsters, ainsi que de la Suissesse Martina Hingis.

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Étranges pratiques

Pour celui qui suit quelque peu l'actualité sportive, avec un tout petit peu de mémoire, il s'apercevra qu'en son temps, c'est à dire en 2013, l'annonce -en larmes- de la retraite de Marion Bartoli, avait déjà fait couler beaucoup d'encre. Le pourquoi de ces réactions? La victoire, quelques semaines auparavant, sur le fameux gazon de Wimbledon. Une victoire sans pareille, et une détermination de la tenniswoman française de faire encore bien mieux aux States. Mais voilà, entre l'Angleterre et New York trois mois sont passés, et aussi bien des choses. À l'époque, beaucoup affirmaient -mais sans la moindre preuve- que Marion était bel et bien dopée. Cette annonce de retraite faisait donc penser à un pas de côté, fortement approuvé et même suggéré par la fédération internationale, la WTA.

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Comme dans d'autres cas, et pas des moindres, Serena Williams (de juillet 2010 à juin 2011), et les filles déjà citées avant, mais aussi pour ce qui est de l'ATP, les exemples des Rafael Nadal (de juillet 2012 à février 2013), Del Potro (2010) ou encore Gaël Monfils (2012). Étant donné le mutisme des fédérations sur le sujet, on peut croire franchement qu'il n'y a jamais de fumée sans feu. Il est d'ailleurs d'usage, en tennis, de demander à l'athlète de prendre un certain recul, déterminé par le comité de discipline, lors d'une première infraction, et d'ensuite permettre le retour, avec les conséquences que cela comporte. Certes, pas de traces d'une forme quelconque de dopage, non une retraite ou une blessure, et puis on en reparle plus. Pour certains, le "come-back" ne pose pas trop de problème, il suffit de travailler dur et remonter les échelons. Pour d'autres, cela ressemble plus à la condamnation à ne plus pouvoir disputer que des tournois de secondes zones.

Et ailleurs?

Si cette pratique vise le tennis, ailleurs il n'en va pas de même.

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On n'arrête pas de tirer à boulets rouges sur le cyclisme, mais ici le tricheur n'a pas sa place, s'il y a dopage, il y a suspension, et généralement de deux ans. Pour revenir, il faut énormément de courage et d'entraînement, en sachant que la seconde fois, ce sera à vie. En football, nada. En comparaison du nombre de participants, du nombre de rencontres dans le monde, on doit penser que personne n'utilise des produits interdits pour faire carrière. Le contexte n'est certes pas le même. En football, un joueur "malin" peut se cacher 89 minutes, et puis marquer un but. En vélo, si vous n'appuyez pas sur les pédales, la bicyclette aura beaucoup de mal à avancer. Idem pour le tennis, la raquette doit être justement tenue, et toute la longueur du match. Il serait peut-être bon que l'UFA et l'UEFA prennent également des mesures quant aux contrôles, de ces soi-disant sportifs "clean". À notre avis, il est totalement impossible de faire une carrière au premier plan, et ici toutes disciplines confondues, sans l'apport d'artifices. Médecin, kiné, ostéopathe, chiropracteur, mais aussi diététiciens, coach de vie, sans oublier la chimie pour les petits et "grands" bobos. Tenir trois semaines sur la machine, sur tous les terrains, en montagne, par pluie et vent, parfois froid et neige, toujours à fond, ne peut se concevoir sans l'appui extérieur. Personne n'a remporté le Tour de France en roulant à l'eau claire... Même si soigner ne veut pas dire camé à mort, dans le but de réussir à tout prix.