Le 2 décembre 2010, le Qatar était officiellement désigné par la Fédération Internationale de #Football Association (FIFA) pays hôte de la Coupe du Monde 2022. Après l'attribution du tournoi à la Corée du Sud et au Japon en 2002, à l'Allemagne en 2006, à l'Afrique du Sud en 2010, au Brésil en 2014, et à la Russie en 2018, cette décision s'inscrit dans la volonté de la FIFA de varier la géographie des pays organisateurs. Mais le choix du Qatar a soulevé depuis plus de quatre ans de nombreuses polémiques. La première concerne de possibles affaires de corruption au sein de l'instance mondiale du ballon rond. Sont notamment évoquées des enveloppes remises à des dirigeants du football africains, ainsi qu'une réunion à l'Élysée entre le Président français de l'époque, Nicolas Sarkozy, le patron du football européen Michel Platini, Tamim ben Hamad al-Thani, prince du Qatar et et Sébastien Bazin, représentant de Colony Capital, alors propriétaire du Paris Saint-Germain.

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Une rencontre au cours de laquelle le rachat du club de la capitale et la création de la future chaîne BeIn sports auraient été monnayés en échange du vote du président de l'UEFA. Le Président de la FIFA, Sepp Blatter, déclarait de son côté que "des chefs de gouvernement européens ont conseillé à leurs membres qui pouvaient voter de se prononcer pour le Qatar, parce qu'ils étaient liés à ce pays par des intérêts économiques importants". Fin 2014 finalement, la FIFA blanchissait le Qatar des accusations de corruption qui pesaient contre l'émirat du Moyen-Orient, mais soulignait néanmoins "certains indices d'une conduite potentiellement problématique de certaines personnes à la lumière des règles d'éthique de la FIFA". Des indices jugés insuffisants pour "compromettre l'intégrité du processus d'attribution" de la compétition au Qatar, selon Hans-Joachim Eckert, président de la chambre de jugement du comité d'éthique de la FIFA.

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La question des ouvriers



Autre controverse, les questions relatives à la sécurité des travailleurs, principalement népalais et indiens, sur les chantiers. À ce jour, et depuis le début des travaux, ce sont plus de 1 200 personnes qui auraient trouver la mort. Des drames déjà observés à l'occasion d'autres évènements sportifs d'envergure, mais dans une bien moindre mesure : à titre d'exemple, deux ouvriers avaient perdu la vie lors des préparatifs de la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud, sept avant le mondial brésilien et une soixantaine avant les Jeux Olympiques de Sotchi en Russie. Les chiffres ont été démentis par le comité d'organisation qatari, mais la FIFA, par l'intermédiaire de Sepp Blatter, a demandé davantage de dispositions : "Comme certaines organisations de défense des droits de l'Homme l'ont noté, des progrès ont déjà été accomplis, en particulier avec les normes introduites sur les chantiers de construction, mais le Qatar doit en faire plus pour assurer des conditions de travail équitables pour tous. Cela ne sera possible que grâce à l'effort collectif de toutes les parties prenantes, des entreprises de construction aux autorités", déclarait ce dernier, quelques jours avant la réunion de Zurich.

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Outre les questions sécuritaires, les voix s'élèvent pour dénoncer les conditions quasi esclavagistes dans lesquelles travaillent ces ouvriers : hébergement déplorables, retards de salaire ou encore vols de passeports.



Un coût astronomique et des infrastructures inutiles après le mondial ?



En 1998, la France avait dépensé 1,5 milliard d'euros pour accueillir la grande messe du football. Pour 2022, le Qatar prévoit une enveloppe de près de 190 milliards d'euros, soit l'équivalent de son PIB annuel. De quoi envisager une pluie de critiques, surtout lorsque l'on se remémore les manifestations anti-mondial au Brésil et les polémiques sud-africaines face au budget débloqué à l'époque. Autre problème, le parc hôtelier du pays, puisque le Qatar devra accueillir plusieurs centaines de milliers de touristes dans un pays dont la superficie est à peine plus grande que la Corse. Le complexe Onyx Island, constitué d'hôtels flottants d'une capacité d'accueil de 25 000 personnes, devrait à ce titre voir le jour. La FIFA impose un minimum de 60 000 chambres ; le Qatar de son côté a promis 100 000 chambres, mais les observateurs estiment déjà que le contrat ne sera pas rempli. Surtout, beaucoup s'interrogent sur l'utilité d'infrastructures touristiques qui devraient être désertées une fois la Coupe du Monde terminée.