Jamais un club de basket ne fut si près de remporter une Coupe européenne, et qui plus est en basket féminin. Et pourtant, ce soir dans la salle mythique du Spiroudome de Charleroi, les Castors (nom qui ne se féminise pas en Castorettes...) de Braine-l'Alleud ont toutes leurs chances d'inscrire leur nom au palmarès de la Coupe.

Pourquoi jouer à Charleroi?

Dans un premier temps, les joueuses voulaient rester dans leur salle, afin de remercier leur public fidèle, mais très vite il fallait déchanter, tant la demande de places était grande. En effet, la salle du Stade Gaston Reiff ne peut contenir 2.500 personnes, en se serrant bien, et pour ne pas refuser du monde, un accord fut trouvé avec les dirigeants carolos. Ce soir, 6.500 supporters de basket encourageront les filles, et il se dit qu'on aurait pu enregistrer 10.000 ventes de tickets. Chose extraordinaire, car même chez les hommes de Division 1, certains matches ne peuvent être joués devant une telle assistance. Nous qui suivons le BC Ostende (15 x champion de #Belgique et 15 x vainqueur de la Coupe belge) pouvons vous dire qu'en EuroCup on était bien loin d'un tel score de spectateurs. Les filles de Braine vont marquer l'histoire de la discipline, et peut-être encourager à investir sur ce sport au féminin, comme dans d'autres catégories.

Un parcours d'exception

En lisse pour cette fameuse Coupe d'Europe depuis le mois de novembre, les Castors devaient rencontrer au tour préliminaire les filles de Charleville-Mézières (France), de Miskolc (Hongrie) et de Quinta dos Lombos (Portugal). Elles ne faisaient pas le détail, et terminaient cette phase en première position avec un 6/6, remportant leurs six rencontres. En 1/8 de finale, Braine retrouvait Charleville-Mézières, et ne faisait qu'une bouchée des Françaises (74-87 et 61-52). Les choses sérieuses commençaient, avec en quart le voyage en Turquie, au Mersin Büyüksehi, et ce fut un peu plus compliqué. En effet, en déplacement, Braine fut battu de cinq points (77-72), mais dans leur salle, les Castors se déchainèrent jusqu'au bout, pour enfin remporter l'enjeu sur la marque de 82-76, et ainsi se qualifier par le plus petit écart. Les demies finales ne devaient pas présenter de difficulté, et les Belges remportaient les deux matches (73-77 et 78-65) face à Istanbul Universitesi.

La finale face à Villeneuve-d'Ascq

A deux rencontres du sacre, les Brainoises retrouvaient une autre formation de l'hexagone, les Lilloises de Villeneuve-d'Ascq. Comble de réalité, cette équipe aligne une grande joueuse... belge, en la personne de Ann Wauters, la capitaine. La rencontre aller donna l'avance aux wallonnes, 64-68, et donc tous les espoirs sont permis. La tâche, même si le coach français, Fred Dusart, souligne: "On sera douze contre l'immense majorité d'une salle de 6000 personnes survoltées". Certes, quatre points, ce n'est rien en basket (deux lancers), mais la motivation des Belges, l'apport d'un public en or et en nombre, devraient donner des ailes et surtout des unités pour qu'un club de basket féminin atteigne les sommets de l'Europe.

Les joueuses de Braine: Ana Radovic, Kim Mestadgh, Krystel Ballau, Julie Allemand, Celeste trahan-Davis, Marjorie Carpreaux, Merike Anderson, Sidney Spencer, Anete Steinberga, Manon Grzesinski, Kyara Linskens et Céline De Roy.

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