Lors du match contre Bordeaux le 15 mars, un défenseur bordelais fait une passe en retrait à son gardien. Ce dernier récupère le ballon avec les mains, ce qui est interdit par le règlement. Le joueur du Paris Saint-Germain fait pression sur la défense et invective l'arbitre face à cette faute flagrante. Le gardien Cédric Carrasso expliquera plus tard avoir pensé qu'il y avait coup franc pour son équipe, ayant vu l'arbitre lever la main.

Fin du match. Le comportement de Zlatan est en contraste avec ses habitudes.

Il a apparemment décoléré, change son maillot, on le voit rigoler avec Carraso (le fait qu'il sache rire est peut-être le plus étonnant).

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On ne vous apprendra rien en disant que Zlatan a un ego démesuré. Il est le chef de vestiaire. Rappelez-vous, il y a quelques semaines : les joueurs du PSG sont dans la zone presse le Suédois gronde : "Personne ne parle". Seul Blaise Matuidi a osé (il s'est sûrement pris la fessée de sa vie après). Même Laurent Blanc gère sa star avec des pincettes ; oui, quand un joueur vous coûte 19 millions d'euros, vous avez tendance à le bichonner, la preuve c'est qu'il n'est resté qu'un seul match sur le banc de touche. Que faisait Zlatan lors de la demi-finale de la coupe de la ligue contre Monaco ? Il chassait en Suède, alors que ses coéquipiers suspendus et blessés étaient dans les tribunes. Privilège ? Assurément.

Le passage dans la zone mixte

Zlatan Ibrahimovic croise le quatrième arbitre et s'emporte.

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Sans maillot, muscles saillants et tatouages impressionnants. La star du #Football déclare qu'en quinze ans, il n'avait jamais vu ça. Il devait sûrement jouer sur une autre planète. Les arbitres français sont certes peu efficaces. C'est vrai - ou pas - qu'aucun arbitre n'officie en Ligue des Champions, en Europa league et plus récemment en Coupe du monde. Mais au lieu de leur taper dessus, donnons-leur les moyens vidéo, pour qu'ils fassent mieux leur travail. Le Suédois, dans une colère noire, rentre dans les vestiaires en beuglant : "Pays de merde".

L'affaire prend des proportions inimaginables

Évidemment, Marine Le Pen a sauté sur l'occasion et a permis de ressortir un vieux slogan de son Papa : "La France, vous l'aimez ou vous la quittez." (slogan repris aussi par Sarkozy). Mais elle peut rester calme, ce ne sont pas les contribuables qui paient le salaire de Zlatan, ce sont les Qataris. Le 16 mars au matin, en allumant la télévision, on aurait pu croire qu'il avait tué quelqu'un : des flashs infos sur les chaînes d'information en continu, premier sujet de tous les journaux (on en oublie même les élections).

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Tous les politiques se sont appropriés l'affaire, on a pu par la même occasion connaître le nom de notre ministre de l'intérieur : monsieur... Ah, non, c'est pas Ibrahimovic.

Dans la journée du 16 mars, le club a employé les gros moyens : un texte d'excuses apparemment écrit par Zlatan, mais les doutes sur l'auteur ont permis de voir une vidéo, où le Suédois s'excuse d'avoir dit "Pays de merde" mais pas de penser que les arbitres français sont nuls.

Les sanctions

Si on suit le règlement de la LFP, il risque deux matchs de suspension, mais pour avoir dit "Pays de merde" ça paraît plus compliqué : qui pour juger ? La LFP n'a pas vocation à cela. Sûrement une commission de l'Etat. En NBA, comme en France, sans doute, il est toujours stipulé dans le contrat du joueur qu'il ne doit pas mettre à mal l'image du club. En NBA, dans ce pays très patriote, le joueur serait viré sur le champ. Il serait honnête de faire faire à Ibrahimovic le tour des équipes de jeunes expliquant ce qu'est un bon comportement envers les arbitres.

Le club devrait sûrement lui infliger une amende. Mais la vraie question est : arrivera-t-il à la payer ?