Suite à une altercation avec le Lyonnais Lindsay Rose, qui a bien failli tourner au vinaigre, dans une fin d'Olympico face à l'Olympique Lyonnais relevée, Giannelli Imbula recevait un carton jaune synonyme de suspension pour le Classico. Depuis, son loco de coach se creuse la tête. Comment suppléer celui qu'il n'a jamais eu à remplacer cette saison ? Si les "solutions sont nombreuses", l'Argentin devrait choisir la prudence, pour battre un Paris-Saint-Germain au grand complet, et titulariser Mario Lemina.

Jamais remplaçant, très peu remplacé, ni blessé, ni suspendu ; jusqu'ici, Imbula avait joué tous les matchs de son équipe en championnat cette saison.

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Même le carton rouge reçu lors du Classico aller, annulé a posteriori, n'était parvenu à le priver de temps de jeu. 30 titularisations en autant de journées, pour plus de 87 minutes de jeu en moyenne. Seuls Mandanda et Gignac font aussi bien. Imbula, c'est le centre névralgique de la colonne vertébrale de cet #OM version Marcelo Bielsa.

Autant dire que disserter quant aux performances de l'OM en son absence tient de la pure spéculation. La stratégie phocéenne s'en trouve dès lors floutée. Précieux par sa technique, comme en témoigne ce râteau sur Ghezzal face à l'OL et dont se délecte encore le Vieux-Port, Imbula occupe en effet un rôle de détonateur. Ses passes qui transpercent les lignes déséquilibrent les défenses et ravissent une ligne offensive redevenue prolixe. Une capacité à jouer de l'avant que les Olympiens, très probablement organisés en 4-3-3, devront absolument compenser.

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Suppléant Lemina pour faire oublier l'idole

C'est l'hypothèse la plus probable, la plus simple et la plus équilibrée. Alors oui, c'est vrai, Lemina ce n'est pas toujours l'extase pour les mirettes. Chevauchées fantastiques, râteaux et boulets de canon des vingt-cinq mètres ne font pas partie du vocable de l'ex-merlu. Mais un Classico, avant de se jouer, ça se gagne non ? Une cohésion et générosité exemplaire seront indispensables dans l'entrejeu marseillais pour combler le gouffre qu'y laisse un Imbula au volume de jeu impressionnant. Choix par défaut, mais pas de dépit, Lemina est capable de tels efforts. "C'est un joueur différent de la majorité des autres joueurs, car il sait attaquer et défendre", dit de lui son entraineur.

Dans l'animation aussi, le Bleuet sait séduire. Et sa performance au stade des Costières de Nîmes, contre qui les Olympiens disputaient un match amical lundi (2-2), ne dit pas autre chose. Positionné en numéro 10, avec plus de liberté créatrice que ce qu'il ne devrait en avoir dimanche donc, le Franco-Gabonais régale.

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Passeur décisif pour l'ouverture du score de Thauvin grâce à un génial enchainement talonnade, petit-pont, grand-pont, il enquille ensuite les offrandes en profondeur pour Gignac et Thauvin. Clairvoyance dans le jeu, précision dans les passes, Mario est sobre mais efficace, à l'image de cet instant de grâce lorsqu'il laisse filer le ballon pour Gignac qui file inscrire le second but.

Super-Mario pour boucher les fuites du Vieux-Port

L'avant-garde olympienne va bien, merci ! Avec 10 buts en trois journées, elle semble avoir retrouvé tout son allant du début de saison. Or, dans un match qui se jouera avant tout pour les Marseillais sur leur capacité à défendre face à l'armada francilienne, Lemina peut rendre un fier coup de main. Certes il n'a pas cette grinta caractéristique du petit Giannelli, cette capacité aller gratter les ballons dans les pieds, par tous les moyens, comme un mort de faim, mais il sait faire le job. Il l'a déjà fait, plus bas, dans un rôle plus défensif, plus risqué aussi, à la place d'Alayxis Romao. C'est d'ailleurs aux côtés de ce dernier qu'il devra faire l'ascendeur entre les lignes.

La clé de la réussite, pour Lemina comme ses coéquipiers, résidera probablement dans leur capacité à se concentrer durant 90 minutes. Car entre "Crocos des Costières" et "Qataris de la Capitale", il y a un monde, et plus d'une division d'écart. Exit donc les pertes de balles intempestives dont Lemina s'est parfois fait le chantre. Lundi encore, sa perte de balle sur une passe mollassonne de Dja Djédjé fut fatale à son équipe. Sans leurs assurance tout risque au milieu, tous les défensifs de l'OM devront se montrer beaucoup plus sérieux. Pas de place pour les passes à l'aveugle ratées ou les sautes d'humeur de Dja Djédjé contre Paris. Seule une concentration optimale, et l'aide de leur ligne offensive permettra aux hommes de Bielsa de mettre en place leur fameux pressing harceleur. L'arrière-garde phocéenne devra se montrer bien plus incisive que face aux Gardois, qu'elle a parfois donné l'impression de regarder jouer. Une passivité inquiétante, et intolérable face à Ibrahimovic ou Cavani.

Bref, comme le soulignait un Jérémy Morel surmotivé, il faudra profiter de la confiance engrangée au mois de mars - un seul but encaissé - pour défendre avec rigueur dès l'entame. Tout loco qu'il est, l'homme à la glacière sait que la prudence est de mise. C'est pourquoi il devrait titulariser Lemina, caution physique, qui, associé au combatif Romao, est capable de couvrir une volume de jeu proche de celui d'Imbula. Sans palier parfaitement l'absence de ce dernier, Mario pourrait néanmoins illuminer ce Classico de ses talents d'organisateur. Et, pourquoi pas, le faire basculer, pour offrir aux supporters phocéens leur première victoire face au #PSG depuis quatre ans. #Football