Après un début de saison stratosphérique, qui l'a vu engloutir titres et adversaires comme des petits pains, Novak Djokovic attaque ce lundi sa 142ème semaine en tête du classement ATP. Un record personnel qui tombe à point nommé. Supplantant ainsi Nadal et ses 141 semaines de gloire, il met la pression sur le spécialiste de l'ocre. Un avantage psychologique qui, couplé à ses victoires dans les Masters 1000 de l'oncle Sam, aiguise l'appétit de l'ogre des Balkans à l'orée du lancement de la saison sur terre. A Monte-Carlo, qui ouvre cette semaine la tournée, le résident monégasque a prévenu: il sera «chez lui». Tremblez petits poucets !

Un menu au petits oignons

La Porte d'Auteuil en ligne de mire, le Djoker devra d'abord enchaîner les étapes de la saison sur terre battue dans les temps.

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A commencer par un Masters 1000 de Monte-Carlo aux airs de mise en bouche pour notre glouton. D'autant que sur le Rocher, la légende locale est tombée du bon côté du tableau. Sans réel spécialiste de la surface jusqu'en demies, le Serbe aura le temps de s'ouvrir l'appétit avec Robin Haase, Bernard Tomic en amuse-gueules. Bien plus consistant, il devrait ensuite retrouver Rafaël Nadal ou David Ferrer en demi-finale. Très probablement opposés en quart, les deux sujets de sa Majesté Felipe VI ont déjà pris leurs marques sur terre cette saison, au cours de la tournée sud-américaine de février. David Ferrer y a glané deux titres, Nadal un.

En dépit d'une forme extraordinaire en 2015, l'obstacle du dernier carré sera donc sérieux pour l'insatiable Djoker. Avant, pourquoi pas, de disputer le titre à domicile.

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S'il se lèche les babines, Novak sait aussi qu'il n'est pas maître en ses contrées. Il n'y a triomphé qu'une fois, n'a même atteint la finale qu'à deux reprises. Bien peu au regard des huit titres du Taureau de Manacor, certes. Reste que la fameuse «forme du moment» joue en faveur du Serbe, irrésistible ces derniers temps - 92% de victoires en 2015. Sa dernière défaite remonte au 1er mars, en finale de l'ATP 500 de Dubaï face à un certain mythe suisse connu sous le nom de Roger…

Le printemps de tous les possibles

Le cap des 27 printemps est fatidique pour les idoles. Si on lui souhaite évidemment un tout autre destin que celui des Morrison, Hendrix ou Cobain, cette année pourrait néanmoins devenir celle de la sanctification pour Djokovic. Arrivé à maturité, comme le prouve le record de la semaine, le Serbe, en pleine bourre, doit en profiter pour entrer au panthéon de son sport. Aussi est-il venu le temps de se diversifier, avec une belle saison sur terre par exemple. Une surface où il a du mal à rayonner avec autant d'intensité que sur dur.

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«Seulement» deux finales à Roland-Garros, un titre à Madrid, un à Monte-Carlo et trois à Rome... Comprenons-nous bien, ce parcours ferait évidemment rêver pas mal de Top 20, mais il est insuffisant pour entrer définitivement dans la légende. Et Djoko le sait. Affamé de titres qu'il est, il sait aussi que le spécialiste majorquin de la surface est en méforme, et Ferrer, son suppléant, moins bien qu'au cours des saisons passées. Un alignement des planètes opportun, quand lui est justement dans la forme de sa vie. Vous voyez le tableau ? Un remake d'Hänsel et Gretel version tapas.

Ce printemps 2015 s'annonce donc comme celui de la possible consécration ultime, par la terre, pour ce chasseur de titres, lancé dans une saison gargantuesque, qu'est le Djokogre. #Tennis