Un mouvement se dessine dans les coulisses des courses de galop. Une pétition circule demandant le relèvement des poids portés par les chevaux de course, au galop, en plat et en obstacles. L'argument principal des promoteurs de ce mouvement était de suivre l'évolution morphologique des jockeys qui comme les autres humains deviennent plus grands et plus lourds.

Le poids étant l'ennemi numéro un du jockey, certains voudraient que France Galop, l'institution gérant les courses au galop en France, tienne compte de cette évolution morphologique. Pas sûr que cela change tout de suite, la société d'Encouragement pour le plat et la société des Steeple Chases, pour l'obstacle, sont de vieilles institutions très conservatrices.

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Comment est déterminé le poids à porter

Le poids que doit porter un cheval pour une course donnée est fixé par les conditions particulières de la course en question. Il peut tenir compte de l'âge du cheval, de son sexe (les femelles bénéficient d'une décharge), des sommes déjà gagnées et du statut de celui qui va le monter (les apprentis et les cavaliers amateurs peuvent bénéficier d'une décharge).

La raison de ces différences est d'essayer d'équilibrer, en théorie, les chances de chacun des participants au départ de la course. Le poids minimum pour le plat est de 51 kg et en obstacles 60 kg. Une vielle légende dans les courses dit qu'une différence d'une livre entre deux concurrents se traduira par une livre à l'arrivée.

La chasse à la livre de trop

Pratiquement tous les jockeys sont obligés de faire attention voire très attention à leur poids. Peu, malheureusement, adoptent une hygiène alimentaire satisfaisante. Souvent par méconnaissance ou manque de volonté, leur vie est faite de privations permanentes.

Beaucoup, surtout ceux formant le ventre mou du peloton font du coup par coup.

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S'ils doivent monter à un certain poids le dimanche et qu'ils ont du poids en trop, la ronde infernale peut commencer. Ce peut être la diète partielle ou totale, les footings couverts de multiples épaisseurs pour transpirer, le sauna et si cela n'est pas suffisant, une heure avant la course, un diurétique. Après cela pour se remettre de ses privations, surtout s'il a gagné, un copieux repas, de alcool, la bonne vie. Bonjour les kilos qui reviennent. À faire le yoyo comme cela, la santé est mise à rude épreuve et le contrecoup violent.

La pesée avant la course devient un exercice compliqué et tous les moyens sont bons pour gommer 200 grammes de trop: selle spéciale ultra-légère, bottes spéciales pesée, fausse sangle, etc. Un jockey français, Pierre Charles Boudot, a même monté au Japon en chaussettes, sans bottes, pour pouvoir monter à 55 kg. Il finit deuxième, mais a été réprimandé par les commissaires surpris par la chose.

Les jockeys vedettes

Les très bons jockeys, le dessus du panier, ont eux aussi des problèmes, même si bon nombre d'entre eux font plus attention à leur alimentation. Rançon du succès oblige, ils sont très demandés, non seulement en France mais aussi à l'étranger.

La multiplication des courses de haut niveau les fait voyager dans l'hexagone une bonne partie de l'année, plus les courses parisiennes et plus les galops qu'ils doivent effectuer le matin de bonne heure, sur les pistes d'entrainement, pour tester de futurs partenaires.

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L'hiver ils sont sollicités en Asie ou au Moyen-Orient. Dans ces conditions de vie trépidante, difficile de tenir son régime strict.

En plat un bon jockey peut avoir une carrière longue jusqu'à plus de 40 ans, à cet âge-là on prend plus vite du poids. Souvent, les très grands en fin de carrière refusent de monter en dessous d'un certain poids car ils n'ont plus rien à prouver.